Deux conductrices belges et le chauffeur du car impliqué dans l'accident qui a tué un enfant samedi sur l'A6 en Saône-et-Loire étaient en garde à vue dimanche matin, et devraient être mis en examen dans la journée pour homicide involontaire.
"Nos cherchons à établir s'il y a eu un choc préalable entre les deux voitures belges, qui se suivaient de près, ce qui expliquerait que l'une d'elles ait ensuite percuté le car", a déclaré à l'AFP Thierry Deschanels, substitut du procureur de Chalon-sur-Saône.
Six passagers du car, un adulte et cinq enfants de 9 à 10 ans, grièvement blessés dans l'accident étaient toujours en réanimation dans un état stationnaire dimanche, selon la préfecture.Parmi les 24 blessés légers, en observation dans différents hôpitaux, 14 avaient quitté l'hôpital dimanche matin et deux autres devaient sortir dans la journée.
Les trois conducteurs impliqués devaient être présentés à un juge d'instruction dimanche en fin d'après-midi, a indiqué M. Deschanels, qui demandera leur mise sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire.
Le parquet s'apprête à ouvrir une information judiciaire pour "homicide involontaire par manquement délibéré à une obligation de prudence, en l'espèce défaut de maîtrise du véhicule", a-t-il précisé. L'enquête judiciaire va "se focaliser" sur la "conduite à risque" de plusieurs voitures qui auraient pu pousser le car à l'accident, avait déclaré samedi le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, sur place.
L'accident a eu lieu samedi vers 09H00 à Saint-Ambreuil (Saône-et-Loire), lorsque le car et deux voitures immatriculées en Belgique sont entrés en collision. Les voitures, une Volkswagen et une Ford grises, transportaient trois adultes et 4 enfants, tous indemnes, qui rentraient d'Ardèche où ils avaient passé des vacances ensemble, selon le parquet.
Le car, mis en service en 1998, n'était pas équipé de ceintures de sécurité, obligatoires pour les véhicules mis en circulation à partir du 1er octobre 1999, a indiqué le transporteur propriétaire du véhicule.
Les analyses menées sur le chauffeur du car, âgé de 48 ans, et les deux conductrices, de 47 et 49 ans, n'ont révélé aucune trace d'alcoolémie ni de produit toxique, a souligné le peloton autoroutier de la gendarmerie, chargé de l'enquête.
Selon son tachymètre, le car roulait à une vitesse réglementaire au moment de l'accident, rapporte la même source. L'hypothèse de l'implication d'une troisième voiture, qui a fait l'objet d'un appel à témoin, "est désormais écartée", a souligné M. Deschanels, précisant que la gendarmerie cherchait toujours des témoins de l'accident.
Le car transportait des jeunes de Lyon et Saint-Etienne vers Paris où ils devaient disputer un match à l'occasion des 10 ans de la victoire française à la Coupe du Monde de football. La victime est un garçon de 10 ans originaire de la région de Saint-Etienne, dont le père, qui accompagnait le groupe, a aussi été blessé dans l'accident. (afp)


