Assad à Paris: de l'isolement à la consécration internationale

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Par: rédaction
13/07/08 - 21h44

Le président syrien Bachar al-Assad ne pouvait rêver mieux: hier au ban des nations pour son rôle "déstabilisateur" au Liban et au Proche-Orient, il a fait un retour éclatant sur la scène internationale ce week-end à Paris où il a reçu des éloges et multiplié les entretiens.

Après avoir été la vedette incontestée de la journée de samedi, lorsqu'il a a été reçu avec les honneurs au palais de l'Elysée par son homologue français Nicolas Sarkozy, M. Assad a enchaîné dès dimanche matin les rencontres bilatérales

Puis il a participé, souriant, sous les ors du Grand Palais au lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) en présence d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement.

M. Assad a reçu successivement à son hôtel parisien le président libanais Michel Sleimane -pour un deuxième entretien bilatéral en moins de 24 heures-, le patron de l'ONU Ban Ki-moon et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie, qui a beaucoup renforcé ses relations avec Damas ces dernières années, joue depuis deux mois un rôle de bons offices entre la Syrie et Israël qui ont entamé en mai des pourparlers indirects alors que les deux pays sont toujours formellement en état de guerre depuis 1948.

Visiblement heureux de son retour en grâce, le président syrien a tranquillement dîné samedi soir avec son épouse Asma et ses enfants dans un restaurant chic du quartier de l'Opéra, près de l'hôtel où il résidait.

Il avait obtenu quelques heures plus tôt une quasi-consécration, sans doute pour avoir permis au Liban l'élection d'un président, en mai, et la formation d'un gouvernement, vendredi. Annonçant une visite en septembre à Damas, où aucun président français ne s'est rendu depuis 2002, M. Sarkozy a salué "le rôle essentiel" de la Syrie dans le processus de paix au Proche-Orient.

Il a aussi qualifié d'"historique" l'annonce samedi de l'ouverture prochaine de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, pour la première fois depuis leur indépendance. Washington et plusieurs capitales européennes se sont immédiatement félicités de cette décision.

L'évolution des relations entre Damas et Beyrouth a également contribué à mettre fin à une brouille de quatre années entre Paris et Damas. Cette dispute avait connu son point culminant avec l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, imputé par un rapport de l'ONU aux services de renseignements libanais et syriens.

Damas a toujours démenti son implication, ce qui n'a pas empêché la mise au ban de la Syrie par les Occidentaux, avec notamment la mise sous le boisseau d'un accord de partenariat Union européenne-Syrie pourtant fin prêt depuis deux ans.

Dans une déclaration commune franco-syrienne, M. Sarkozy s'est fait fort d'engager "les procédures en vue de la signature" de cet accord très attendu par Damas. Car l'isolement de la Syrie -lié aussi à son soutien à l'Iran- lui a coûté cher ces dernières années sur le plan économique. Damas s'est donc rapproché de pays comme la Chine, la Russie, et surtout l'Iran et la Turquie, "les deux grandes puissances régionales avec lesquelles il faut compter", selon Damas.

A ce stade, il n'est sans doute donc pas question pour la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran, dont la politique nucléaire inquiète au plus haut point les puissances occidentales et Israël.

"On a mal compris la position de la Syrie, on a déformé nos points de vue. Mais l'accord sur le Liban (avec notamment la formation d'un gouvernement) a ramené les gens à la réalité. Il faut accepter que nous soyons une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine", avait expliqué M. Assad au Monde diplomatique juste avant sa venue à Paris. (belga)

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