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Plainte contre Disney pour discrimination à l'embauche

Une information judiciaire est ouverte à Meaux (Seine-et-Marne), en Ile-de-France, depuis avril 2007, à la suite d'une plainte de l'association SOS Racisme contre Disneyland Resort Paris pour "discrimination raciale à l'embauche", mais aucun salarié de la société n'a pour l'instant été entendu.

L'association, qui a déposé plainte le 12 février 2007, reproche à Disney la publication, dans le quotidien gratuit "20 Minutes", les 11, 12 et 13 septembre 2006, d'une offre d'emploi demandant aux candidats d'être "majeur(e), intéressé(e) et de nationalité européenne", pour pourvoir des postes au sein du parc de loisirs de Marne-la-Vallée. Le fait de subordonner une offre d'emploi à une condition de nationalité est constitutif du délit de discrimination à l'embauche, souligne l'association dans sa plainte.

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Meaux le 18 avril 2007, selon le procureur de la République René Pech. Les juges d'instruction successivement en charge du dossier ont délivré à la section économique et financière de la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles une commission rogatoire, restée sans effet, selon SOS Racisme. Son vice-président Samuel Thomas s'est "indigné" mercredi de la "lenteur de la justice", eu égard à la "simplicité" du dossier. "Nous interpellons la justice pour qu'elle s'active, dans un dossier où il y a deux jours d'enquête à réaliser", a-t-il déclaré à l'AFP.

La société Disney, plus important employeur privé de Seine-et-Marne, a affirmé à l'AFP ne pas "être au courant du dossier", confirmant qu'aucun de ses employés n'avait été entendu par les enquêteurs. "Disney est une société non-discriminatoire. Nous avons des employés de nombreuses nationalités, car nous souhaitons pouvoir accueillir les visiteurs dans plusieurs langues", a réagi sur le fond un porte-parole, qui a admis une "maladresse" dans la formulation de l'offre d'emploi. Il a fait valoir que Disney avait été trois fois distingué, en février 2008, aux 5e Trophées de la diversité culturelle de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances.

Djamila Ouaz, responsable de la section syndicale CFDT de Disney, a affirmé que le syndicat n'avait "pas aujourd'hui d'éléments étayant les dires de SOS Racisme, et qu'il n'y avait a priori "pas de discrimination à Disney". Elle aussi a invoqué une "erreur" dans la formulation de l'offre d'emploi et expliqué qu'il y avait "un besoin dans l'entreprises d'employés parlant les langues européennes", ce qui est "difficile à trouver parmi les Français". Pour SOS Racisme, Disney "entretient sciemment la confusion entre langue et nationalité". L'association accuse l'entreprise de "mener une politique de quota par nationalité (et par langue) dans ses recrutements afin de correspondre aux proportions de clients de ces nationalités".

SOS Racisme rappelle par ailleurs que dans un autre dossier, instruit à Paris depuis 2001, six employés de l'agence d'intérim Adecco ont affirmé aux enquêteurs avoir reçu consigne de leur hiérarchie de recruter des intérimaires majoritairement blancs pour satisfaire le client Disney. Disney n'a pas souhaité s'exprimer sur ce dossier, "en cours d'instruction". (belga/7sur7)
16/07/08 15h21
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