Sarkozy fâche Dublin en suggérant un second référendum
"Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l'Union européenne) tant qu'il n'y aura pas de nouvelles institutions", avait déclaré mardi M. Sarkozy.
Plusieurs responsables politiques irlandais ont accueilli avec colère mercredi les propos du président français Nicolas Sarkozy suggérant que "les Irlandais devraient revoter" sur le traité de Lisbonne, rejeté par référendum le mois dernier. "Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l'Union européenne) tant qu'il n'y aura pas de nouvelles institutions", avait déclaré mardi M. Sarkozy selon des députés de son parti l'ayant rencontré dans la journée.
Sinn Féin, seul parti à avoir soutenu le "non" au référendum le 12 juin, a jugé la position du président français "profondément insultante". "Au cours du mois qui a suivi le rejet très net du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais, nous avons entendu toute une série de dirigeants européens essayer de nous intimider et de nous forcer à faire ce qu'ils veulent", s'est insurgé le porte-parole de Sinn Féin pour les questions internationales, Aengus O Snodaigh. "Le fait est que le peuple a parlé et que le traité de Lisbonne est mort", a-t-il ajouté dans un communiqué, indiquant que son parti avait sollicité un entretien avec M. Sarkozy lors de son voyage en Irlande lundi prochain.
"Il est important que le président Sarkozy comprenne que le peuple irlandais exige que son vote soit respecté et, plus important encore, que ses inquiétudes soient prises en compte", a-t-il poursuivi. Même le Parti travailliste irlandais, qui a milité pour le "oui", estime que M. Sarkozy a "commis un sérieux faux-pas". Selon le quotidien
Irish Times, le Premier ministre Brian Cowen, actuellement en visite aux Etats-Unis, a minimisé les propos du président français. "Nous devons reconnaître qu'il y a eu de nombreux avis exprimés en Europe sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés après le rejet" du traité, a-t-il déclaré.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin a souligné que M. Sarkozy serait en "position d'écoute" lors de sa visite à Dublin. "Nous n'avons pas l'intention de nous laisser intimider par qui que ce soit", a-t-il dit mardi sur une radio irlandaise. "Nous allons étudier cela d'un point de vue irlandais, en fonction de ce qui sert au mieux les intérêts de l'Irlande". (belga/7sur7)