Bernard Tapie s'est défendu d'une quelconque intervention du chef de l'Etat: "je voudrais que cesse cette campagne. Qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. M. Sarkozy n'(y) est pour rien, ni de près ni de loin".
L'indemnisation record accordée à Bernard Tapie dans le cadre de l'affaire Crédit Lyonnais/Adidas fait des vagues dans la classe politique française, l'opposition soupçonnant le président Nicolas Sarkozy d'avoir apporté son soutien à l'ancien homme d'affaires.
Un tribunal arbitral a condamné la semaine dernière le Consortium de Réalisation (CDR), l'organisme public qui gère le passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d'euros à Bernard Tapie, dans le cadre du litige qui l'a opposé durant 13 ans à la banque dans l'affaire de la revente d'Adidas.
Cette décision a suscité l'indignation du président du MoDem, le centriste François Bayrou, qui a dénoncé jeudi la mise à "l'écart" de la justice et "les protections au plus haut niveau" dont aurait bénéficié M. Tapie, éphémère ministre du président socialiste François Mitterrand et qui apporta son soutien à M. Sarkozy lors de la dernière présidentielle.
Il a réclamé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire, une demande relayée vendredi par les députés socialistes. Il faudra "aller jusqu'au bout de la vérité" sur les "conditions un peu obscures" de l'affaire Tapie, a estimé le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. "On a l'impression que, derrière, l'Etat est à la manoeuvre et on sait très bien que (...) c'est le contribuable qui va payer", a-t-il déclaré.
Réagissant à l'éventualité d'une commission d'enquête parlementaire, M. Tapie a déclaré qu'il s'agissait d'une "excellente nouvelle". Il s'est par ailleurs défendu d'une quelconque intervention du chef de l'Etat - pour lequel il a dit avoir "de l'admiration" - en sa faveur: "je voudrais que cesse cette campagne. Qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. M. Sarkozy n'(y) est pour rien, ni de près ni de loin".
Après avoir amassé une fortune dans les affaires, goûté à la gloire dans le football - il fut patron du club de Marseille, l'OM - brillé en politique puis avoir connu la ruine et la prison, M. Tapie s'est notamment reconverti dans la profession d'acteur. En mai dernier, il n'a pas exclu d'être candidat aux élections européennes en 2009. (belga)


