L'Abkhazie rejette le plan de paix proposé par l'Allemagne

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Par: rédaction
18/07/08 - 21h05

La Russie et les Abkhazes ont rejeté vendredi une disposition clé du plan de paix allemand pour la région séparatiste pro-russe d'Abkhazie en Géorgie, concernant le retour des réfugiés, alors que les craintes d'escalade restent vives.

"Ce plan est un pas dans la bonne direction. Un règlement ne peut se faire que par étapes", a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avant de recevoir son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier à Moscou. "Il y a toutefois un problème, vouloir signer en même temps un accord sur le non-recours à la violence et un autre sur le retour des réfugiés. C'est absolument irréaliste", a-t-il affirmé.

Le plan allemand prévoit dans un premier temps la fin des violences et le retour des 250.000 réfugiés géorgiens qui ont quitté l'Abkhazie à l'issue d'une guerre d'indépendance sanglante au début des années 1990, après la chute de l'URSS. La seconde étape consisterait à développer des projets de reconstruction, la troisième, et sans doute la plus compliquée, viserait à déterminer le futur statut de l'Abkhazie.

"Dans tous les conflits, le retour des réfugiés se discute à une étape ultérieure, quand la situation s'est apaisée, que la confiance est revenue", a martelé M. Lavrov en citant l'exemple des réfugiés palestiniens. Il a jugé par ailleurs peu probable que les Géorgiens retirent rapidement leurs forces des gorges de Kodori, seule partie de l'Abkhazie encore contrôlée par Tbilissi. "Nous ne voyons pas de volonté en ce sens", a-t-il dit.

La Russie, dont près de 3.000 soldats sont déployés en Abkhazie dans le cadre d'une mission de maintien de la paix et qui a annoncé en mai un renforcement de ses liens avec la région séparatiste, contiguë à son territoire, joue un rôle clé dans le conflit. Adoptant la même ligne que leurs alliés russes, les séparatistes abkhazes ont annoncé qu'ils "rejetaient" en l'état le plan allemand et ne discuteraient pas avec les Géorgiens tant que ceux-ci ne se seraient pas retirés des gorges de Kodori.

"Le plan est inacceptable pour nous en partie à cause de la question des réfugiés", a déclaré le président de la république autoproclamée d'Abkhazie, Sergueï Bagapch, après avoir rencontré M. Steinmeier à Gali, en territoire abkhaze. L'Abkhazie ne peut voir que d'un mauvais oeil un retour massif de réfugiés géorgiens dans un territoire comptant quelque 250.000 habitants, détenteurs pour la plupart d'un passeport russe.

M. Steinmeier, qui s'était rendu jeudi en Géorgie, a concédé que "les positions" de ses interlocuteurs étaient "encore très éloignées". "Au vu de l'escalade de ces derniers mois, nous avons tous le devoir de contribuer à un apaisement de la situation", a-t-il toutefois insisté en appelant à des discussions directes entre les parties au conflit. "La seule alternative, c'est la poursuite d'une situation déjà tendue, voire le risque d'une nouvelle escalade", a-t-il averti.

Moscou soupçonne la Géorgie de vouloir reprendre par la force l'Akbhazie et l'Ossétie du Sud, deux territoires autoproclamés indépendants après la chute de l'URSS, avant de concrétiser son projet d'adhésion à l'Otan. Tbilissi accuse de son côté Moscou de chercher à annexer l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, où la Russie a des intérêts économiques.

Les tensions ont conduit à plusieurs incidents armés ces dernières semaines, faisant craindre à certains un retour aux affontements sanglants du début des années 1990. Quatre personnes ont aussi trouvé la mort dernièrement dans des explosions en Abkhazie. (belga)

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