Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai.
Les négociations entre pouvoir et opposition en vue d'un nouvel ordre politique au Zimbabwe peinaient à démarrer en Afrique du Sud mardi, freinées par l'arrivée tardive de négociateurs zimbabwéens, au lendemain d'un accord à Harare instituant ces pourparlers.
La présidence sud-africaine, chargée par la région de faciliter le dialogue au Zimbabwe, avait annoncé mardi matin que les pourparlers commenceraient "plus tard dans l'après-midi". Mais un porte-parole du président Thabo Mbeki a admis en fin de journée que les négociations "ne commenceront pour de bon que demain", même s'il a fait état de contacts préliminaires dès mardi. Les négociations doivent avoir lieu à Pretoria ou dans ses environs, "mais loin du centre-ville et des médias", a déclaré le porte-parole d'une faction de l'opposition zimbabwéenne.
Lundi, à Harare, le président Robert Mugabe, réélu lors d'un scrutin contesté fin juin, et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé un protocole sur le cadre des négociations, prévues pour durer deux semaines. La poignée de mains échangée entre les deux hommes, qui ne s'était jamais rencontrés en public depuis dix ans, a été saluée comme un pas significatif en vue d'un règlement négocié au Zimbabwe, paralysé depuis le second tour de la présidentielle fin juin. "Le protocole d'accord représente la chance la plus concrète des dix dernières années d'améliorer la vie de nos concitoyens, mais nos signatures seules ne suffisent pas à garantir" le succès des pourparlers, a relativisé mardi Morgan Tsvangirai.
Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a de nouveau réclamé la "restauration de l'Etat de droit" et l'arrêt des violences contre ses partisans pour "que les négociations puissent aboutir". Arrivé en tête au premier tour de la présidentielle fin mars, il s'était retiré de la course à cause de ces attaques. Robert Mugabe, dès lors seul en lice, avait été réélu sur fond d'intimidation et de menaces. Ces exactions ont justifié mardi un renforcement des sanctions de l'Union européenne (UE) qui avait adopté des mesures contre les proches de M. Mugabe après sa réélection déjà controversée en 2002.
Alors que Washington étudie toujours de nouvelles sanctions, l'UE a estimé qu'il fallait maintenir la pression sur le régime et que l'accord-cadre sur un dialogue n'était que "l'étape numéro un" avant une résolution de la crise. "C'est mieux que rien, on espère maintenant que Tsvangirai sera le Premier ministre", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. (afp)


