Une délégation envoyée à Tripoli suite à l'interpellation du fils Kadhafi
La Suisse a envoyé une délégation diplomatique à Tripoli pour tenter d'apaiser les tensions autour de l'arrestation à Genève de Hannibal Kadhafi, fils du dirigeant libyen, a annoncé mercredi le ministère helvétique des Affaires étrangères.
La Suisse a exprimé son inquiétude face aux "mesures de rétorsion préoccupantes" exercées par les autorités libyennes envers les ressortissants suisses et les intérêts de la Confédération en Libye, a précisé le département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué.
"Une délégation diplomatique a quitté Berne mercredi à destination de Tripoli pour apporter aux autorités de Libye des explications" sur l'interpellation le 15 juillet de Hannibal Kadhafi.
La ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a fait part de "sa ferme protestation et de sa vive préoccupation" lors d'un entretien téléphonique mardi avec son homologue libyen, Abderrahman Shalgan, a précisé le DFAE.
Mme Calmy-Rey a également affirmé vouloir "éviter toute escalade" et "maintenir de bonnes relations bilatérales entre les deux pays".
Selon le DFAE, les autorités libyennes ont mis en place, dès le 17 juillet, "diverses mesures de rétorsion" contre la Confédération.
Le chargé d'affaires libyen en mission en Suisse a été rappelé et les autorités libyennes ont suspendu l'octroi de visas aux ressortissants suisses, a indiqué le ministère.
Les liaisons aériennes entre la Suisse et la Libye ont été réduites, deux ressortissants helvétiques sont en garde à vue depuis samedi et les entreprises suisses en Libye ont reçu un ordre de fermeture, selon le DFAE.
Berne recommande à ses ressortissants de "renoncer à tout déplacement" vers la Libye.
Hannibal Kadhafi et sa femme avaient été arrêtés à l'Hôtel Président Wilson, après une plainte de deux employés de maison qui les accusent de les avoir frappés.
Le fils et la belle-fille du colonel Kadhafi avaient été libérés jeudi après versement d'une caution d'un demi-million de francs suisses (312.500 euros).
Hannibal Kadhafi, qui avait déjà été poursuivi en 2005 à Paris pour des violences sur sa compagne et avait été interpellé en 2004 après avoir dévalé les Champs-Elysée, a accusé la police genevoise de l'avoir maltraité lors de son interpellation, selon le quotidien 24 Heures de mercredi.
La police a répondu que ces accusations étaient infondées, a poursuivi le journal.
Jeudi, Aicha Kadhafi, la fille du leader libyen, avait affirmé à Genève que l'intervention de la police était "illégale" et motivée par des comportements racistes contre les Arabes, avait rapporté Le Temps.
"Oeil pour oeil, dent pour dent, celui qui a commencé a tort", avait-elle lancé, selon le journal.
Le quotidien avait publié samedi les témoignages des deux domestiques, qui vivent cachés par peur de représailles. "J'ai été frappée avec un cintre en fer qui fait très, très mal", avait raconté la domestique tunisienne.