Actuellement hospitalisée à l'hôpital Sainte-Anne de Paris, Mme Petrella est en "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et souffre de "dénutrition", selon ses médecins.
Tout en s'engageant à livrer Marina Petrella aux autorités italiennes, le président Nicolas Sarkozy avait fait savoir début juillet qu'il avait demandé la grâce de l'ancienne brigadiste à Silvio Berlusconi.
La justice française a autorisé mardi la remise en liberté pour raisons de santé, sous contrôle judiciaire, de l'ex-membre des Brigades Rouges italiennes Marina Petrella, en instance d'extradition vers son pays.
La cour d'appel de Versailles, près de Paris, a assorti la remise en liberté de Mme Petrella, 54 ans, de l'obligation d'informer le parquet général de ses lieux d'hospitalisation et de résider chez elle à Argenteuil (banlieue parisienne) lorsqu'elle sortira de l'hôpital. Actuellement hospitalisée à l'hôpital Sainte-Anne de Paris, Mme Petrella est en "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et souffre de "dénutrition", selon ses médecins. Elle est alimentée par une perfusion, a indiqué mardi son avocate Irène Terrel.
Me Terrel et le professeur Frédéric Rouillon, chef du service où est soignée Mme Petrella, ont salué dans un communiqué la décision de la cour d'appel de Versailles, "intervenue, fait exceptionnel, à la demande expresse du parquet". "L'évolution de l'état de santé de Mme Petrella (...) n'est pas compatible avec une situation de détenu", avait déclaré mardi matin l'avocat général Michel Doumenq.
"En optant pour ce geste humanitaire, les plus hautes autorités de l'Etat ont manifesté une volonté d'apaisement certaine qui ouvre aujourd'hui à Mme Petrella la voie de l'espoir", ont conclu Me Terrel et le Pr Rouillon. La décision ne remet pas en cause la procédure d'extradition de l'ex-brigadiste vers l'Italie, où elle a été condamnée en 1992 à la détention à perpétuité, notamment pour complicité dans le meurtre d'un commissaire de police, en 1981.
Le décret d'extradition, dont la signature le 9 juin par le Premier ministre François Fillon a été suivie d'une polémique en France, ne devrait toutefois pas être mis à exécution avant l'examen d'un recours déposé devant le Conseil d'Etat. Marina Petrella a été arrêtée en août 2007 dans la région parisienne. Elle vivait en France depuis 1993, où elle s'est mariée. Elle est mère de deux filles de 25 et 10 ans.
L'un des dirigeants du comité de soutien de Mme Petrella, l'ancien activiste italien Oreste Scalzone, a fait état de son sentiment "de liesse". M. Scalzone a dit attendre désormais l'application de la clause humanitaire, prévue par la convention européenne d'extradition de 1957, pour qu'il soit sursis à l'extradition.
Tout en s'engageant à livrer Marina Petrella aux autorités italiennes, le président Nicolas Sarkozy avait fait savoir début juillet qu'il avait demandé la grâce de l'ancienne brigadiste au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
Plusieurs anciens activistes italiens d'extrême gauche se sont réfugiés en France à partir de la fin des années 70 et y ont ensuite vécu sans être inquiétés, en vertu de la "doctrine Mitterrand", l'ex-président socialiste, qui leur accordait l'asile s'ils renonçaient à la violence. (belga)


