Obama et McCain veulent réduire la dépendance énergétique

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Par: rédaction
5/08/08 - 22h59
"Les réserves stratégiques de pétrole existent pour la sécurité nationale de l'Amérique, pas pour la stratégie électorale de Barack Obama".
Au cours de sa réunion dans l'Ohio, M. Obama a de nouveau détaillé son plan énergétique qui prévoit notamment d'investir 150 milliards de dollars sur dix ans pour développer les énergies propres et renouvelables.

Priorité aux énergies renouvelables ou reprise du programme nucléaire : les deux candidats à la Maison Blanche ont des solutions différentes pour régler le problème énergétique des Etats-Unis mais sont d'accord pour affirmer que la dépendance américaine au pétrole étranger doit cesser.

"Vous ne m'entendrez pas le dire souvent mais je ne peux être davantage d'accord avec ce qu'a dit le sénateur (John) McCain il y a quelques semaines. Il a dit : +notre dangereuse dépendance au pétrole étranger dure depuis 30 ans et a été causée par l'échec des politiciens à Washington à réfléchir à notre avenir énergétique sur le long terme+", a déclaré mardi le candidat démocrate Barack Obama au cours d'une réunion électorale dans l'Ohio (nord).

"Ce que néglige de dire M. McCain c'est qu'au cours de ces 30 dernières années, il en a passé 26 à Washington", s'est empressé d'ajouter M. Obama. Le prix de l'essence à la pompe constitue la première préoccupation des Américains, loin devant la guerre en Irak, et l'énergie est le thème dominant des discours électoraux du démocrate Barack Obama et du républicain John McCain à trois mois de la présidentielle.

Au cours de sa réunion dans l'Ohio, M. Obama a de nouveau détaillé son plan énergétique qui prévoit notamment d'investir 150 milliards de dollars sur dix ans pour développer les énergies propres et renouvelables. John McCain, qui devait visiter une centrale nucléaire dans le Michigan (nord), a quant à lui pris la tête de la croisade pour la reprise de leur construction.

Aucune centrale nucléaire n'a été construite depuis 30 ans aux Etats-Unis, qui ont connu en 1979 l'un des plus graves accidents du nucléaire civil, à la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie, est). "Le nucléaire n'est pas la panacée", a dit M. Obama, soulignant cependant que les centrales n'émettaient pas de gaz à effet de serre et qu'il fallait investir dans les recherches pour trouver le moyen de stocker les déchets de façon sûre.

Pour coller avec l'opinion, les deux candidats se sont livrés à nombre de revirements, n'hésitant pas à se faire les avocats de causes qu'ils dénonçaient hier. Revenant sur ses positions antérieures, Barack Obama s'est ainsi déclaré favorable, pour le court terme, à la vente de 70 millions de barils (sur les 700 millions existant) provenant des réserves stratégiques afin de faire baisser le prix du gallon d'essence et "soulager" les automobilistes américains.

Le camp McCain a aussitôt dénoncé la volte-face du candidat démocrate sur ce sujet et l'a accusé de populisme. "Les réserves stratégiques de pétrole existent pour la sécurité nationale de l'Amérique, pas pour la stratégie électorale de Barack Obama", a dit le porte-parole de M. McCain, Tucker Bonds. Mais le candidat républicain a lui aussi viré de bord concernant le forage en mer le long des côtes américaines. Longtemps hostile à cette mesure, M. McCain plaide désormais pour la levée du moratoire sur les forages off-shores en vigueur depuis 1981.

Cette mesure est extrêmement populaire même si, selon des experts, il faudra de sept à dix ans pour qu'une seule goutte de pétrole surgisse de ces forages. Au risque d'être accusé une nouvelle fois de faire volte-face, M. Obama, longtemps opposé à cette mesure qu'il jugeait "inefficace", se déclare désormais favorable à un "compromis" qui permettrait l'exploitation de champs pétrolifères situés au large de la côte ouest de la Floride (sud-est).

Sur le court terme, M. McCain voudrait par ailleurs la suppression de la taxe fédérale sur l'essence durant les mois d'été, se faisant à son tour taxer de populiste par le camp Obama. "Cet allègement fiscal conforterait les profits des compagnies pétrolières et, au mieux, vous économiseriez au total l'équivalent de la moitié d'un plein", a dit M. Obama, qui accuse son adversaire d'être inféodé aux grandes compagnies pétrolières. (belga)

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