L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a piraté vendredi une fréquence FM à Pékin pour évoquer la liberté d'expression en Chine, au matin du jour d'ouverture des jeux Olympiques.
A 08h08 précises - douze heures avant la cérémonie - une voix en français, doublée en anglais, a notamment déclaré à l'adresse des autorités chinoises: "Quelles que soient les mesures que vous prenez, vous n'arriverez pas à bout de la liberté de parole".
Clandestinement
Un message a ensuite été diffusé en chinois sur cette fréquence qui, quelques minutes plus tôt, ne diffusait que des grésillements. Les stations de radio FM sont très contrôlées en Chine. RSF a indiqué être parvenue à diffuser clandestinement son programme "grâce à des émetteurs FM miniaturisés et des antennes mobiles".
"Bienvenue à la radio sans frontières à Pékin, une station radio créée par l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières pour vous informer sur la liberté d'expression en Chine", a lancé une voix en anglais. Ensuite Robert Ménard, le secrétaire général de RSF, a lu un message en français, doublé en anglais puis en chinois.
Pied de nez
En introduction de cette diffusion d'une vingtaine de minutes, il a expliqué que cette radio était "le plus beau pied de nez aux autorités chinoises qui détiennent encore des dizaines et des dizaines de journalistes et d'internautes en prison". "Malgré tout, il y a des gens qui vont pouvoir faire entendre ce que vous ne voulez pas que l'on entende, en plein coeur de Pékin".
"Vous nous avez interdit d'aller à Pékin, vous nous avez mis dehors de la Chine. Malgré tout, on est là et on se fait entendre, pacifiquement, de manière totalement non violente. C'est une façon de dire: la censure, cela ne marche pas". Des témoignages de plusieurs défenseurs chinois des droits de l'Homme réfugiés à l'étranger ont ensuite été diffusés en mandarin.


