Le président russe Dmitri Medvedev a promis mardi à son homologue français Nicolas Sarkozy que le retrait des troupes russes de Géorgie serait achevé jeudi et vendredi sur fond de pressions et de scepticisme des Occidentaux.
En visite à Tbilissi, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a accusé Moscou de "ne pas tenir sa parole" concernant le retrait de ses troupes de la Géorgie estimant qu'il s'agissant d'un troisième engagement russe dans ce sens. Il ajoute que la date limite pour le retrait des troupes était "lundi midi".
Relations tendues
Les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l'Otan ont adopté mardi une déclaration stipulant que l'Alliance ne pouvait continuer ses relations avec la Russie comme si de rien n'était. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a vertement critiqué cette déclaration. La Russie va tirer "les conclusions qui s'imposent", a dit M. Lavrov accusant l'Alliance de prendre "sous sa protection" le régime "criminel" du président géorgien Mikheïl Saakachvili. Cette crise risque d'envenimer encore plus les relations entre la Russie et l'Otan.
Moscou a mis en garde contre des "problèmes" dans la coopération entre la Russie et l'Otan qui porte sur l'aide russe en Afghanistan, les possibilités de transit aérien, ainsi que la lutte contre le terrorisme et la non-prolifération. La marine russe a annoncé l'annulation de sa participation à des manoeuvres prévues en mer Baltique dans le cadre du partenariat avec l'Otan et signifié qu'elle ne pourrait accueillir comme prévu une frégate américaine en septembre en Extrême-Orient.
A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a accusé la Russie de ne pas respecter "pour le moment" le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy et accepté par les deux pays. L'Otan "n'a aucun signe de retrait russe de Géorgie" pour le moment. Le Pentagone a également dit qu'il n'avait toujours pas observé de retrait significatif.
Retrait?
Sur le terrain, une colonne de blindés russes près de la ville géorgienne stratégique de Gori entre l'est et l'ouest a pris la direction de la Russie. Elle a été présentée par les militaires russes comme "l'une des premières colonnes à quitter la Géorgie". Des départs de troupes russes surviennent "bien entendu au même moment en plusieurs endroits différents" pour retrouver leurs lieux de cantonnement, a affirmé le porte-parole de l'armée de terre, le colonel Igor Konachenkov. Les Géorgiens ont aussitôt dénoncé "un show destiné à créer une illusion de retrait".
Cependant, développement incontestablement positif, quinze prisonniers géorgiens ont été échangés contre cinq Russes à Igoïeti, village distant d'une trentaine de kilomètres de Tbilissi. Et Moscou et Tbilissi ont donné leur accord sur l'envoi immédiat de 20 observateurs militaires supplémentaires dans "la zone de conflit adjacente à l'Ossétie du Sud", république séparatiste géorgienne.
- L'OTAN durcit le ton envers la Russie


