Les soldats russes s'ennuient en Géorgie

sauvegarder
Par: rédaction
20/08/08 - 09h45

Assis à l'ombre de leur char bloquant l'entrée de Gori, six soldats russes baillent aux corneilles et tuent le temps en fumant les cigarettes des journalistes qui espèrent encore les convaincre de les laisser entrer dans cette ville géorgienne.

Les soldats essayent de se détendre et rapidement, ils reconnaissent se demander ce qu'ils font ici, à Gori, et avouent n'avoir aucune idée du but ni de la durée de leur présence. "Qu'est ce qu'on s'ennuie!", lance un militaire. "Mais quand est-ce qu'on va partir? Ou alors qu'on nous donne l'ordre d'aller jusqu'à la Mer Noire" à l'ouest de la Géorgie, s'esclaffe un autre "les gars, on prend le char, on envahit le reste du pays et on va se baigner!".

"On se demande ce qu'on fait là. Depuis qu'on est arrivé, on n'a pas vu un seul soldat géorgien, le seul face-à-face qu'on a, c'est avec les médias", poursuit le soldat. Au loin, les blindés de ses camarades font de mystérieux allers-retours en dehors de Gori. Depuis plus d'une semaine, cette ville stratégique à 60 km de Tbilissi est coupée du reste de la Géorgie par les chars russes qui contrôlent aussi 30 km de route en direction de la capitale géorgienne, jusqu'à la localité d'Igoïeti.

L'armée géorgienne est, elle, invisible depuis l'avancée vendredi des troupes russes jusqu'à Igoïeti. Dans ce village, les forces de Tbilissi se comptent quasiment sur les doigts de la main: une douzaine de véhicules de police et quelques agents déprimés de voir les soldats russes de si près. Gori est dès lors sous le contrôle des Russes, qui empêchent l'entrée de tous les véhicules sauf ceux de l'aide humanitaire et des officiels géorgiens attendus par le commandement de l'armée russe.

Votre avis nous intéresse!