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A la Convention démocrate, 15.000 journalistes, 4.000 délégués, zéro suspense

Le dernier gros suspense de la campagne de M. Obama, le nom de son colistier, a été levé dans la nuit de vendredi à samedi avec le choix du vétéran du Sénat, Joe Biden.
Plus de 15.000 journalistes sont attendus à Denver (Colorado, ouest) pour couvrir une convention du parti démocrate réglée comme du papier à musique et dont le résultat, l'investiture de Barack Obama, ne fait absolument aucun doute.

Pendant la grand-messe démocrate, qui démarre lundi et se terminera jeudi soir en apothéose par un discours de M. Obama dans un stade de 75.000 places, chacun des 4.000 délégués doit s'attendre à être "harcelé", en moyenne, par quatre rédacteurs, photographes et caméramen. Témoin de l'importance que revêt internet pour la campagne Obama, des dizaines de blogueurs, dont un par Etat ou territoire américain, ont aussi été accrédités. "Cela va faire pas mal de monde", reconnaît Lisa Bornstein, rédactrice au quotidien local Rocky Mountain News.

Les grandes chaînes d'information comme CNN et Fox News ont dépêché leurs commentateurs vedettes et transformé des restaurants en studios près du "Pepsi Center" où se tient la convention. Mais la quantité de nouvelles inédites risque d'être inversement proportionnelle à leurs investissements. Le dernier gros suspense de la campagne de M. Obama, le nom de son colistier, a été levé dans la nuit de vendredi à samedi avec le choix du vétéran du Sénat, Joe Biden. Et sauf coup de théâtre dont les concurrents républicains feraient leur miel, le hasard n'a pas sa place dans un événement voulu comme emblématique de l'unité et de la solidité de l'organisation politique.

"Soyons honnêtes, les amis: il y a malheureusement peu de chances de voir quoi que ce soit de spontané se produire à la convention nationale démocrate", écrit Mme Bornstein dans son blog sur le site internet du Rocky Mountain News, consacré à la convention vue sous l'angle de la théâtralité. Pour la journaliste, d'habitude critique de spectacle, les parallèles entre l'événement et le monde des planches sautent aux yeux. "Il y a un scénario, un décor, un éclairage, tout est conçu pour faire passer un message (...) les spectateurs sur place mais aussi les gens dans le monde entier sont considérés non pas comme des électeurs, mais un public", explique-t-elle à l'AFP.

Et peu importe que le dénouement final soit déjà connu puisque comme le note CNN sur son site internet, les conventions représentent avant tout "une publicité massive pour le parti et son candidat à la présidence". Geoffrey Cowan, professeur de communication à l'Université de Californie du sud à Los Angeles et animateur de débats pendant la convention à Denver, estime même que "la dernière chose que les démocrates veulent, c'est du suspense". Lors des conventions, "les partis s'intéressent surtout à la façon dont les choses apparaissent à la télévision".

"C'est devenu un événement de divertissement, autant que politique", assure-t-il à l'AFP, tout en reconnaissant que "l'un des défis pour les journalistes est de trouver à couvrir quelque chose de passionnant" et qui sorte des sentiers battus. Mais le spectacle sera bien présent à Denver, selon l'universitaire: outre "la grande affaire" du discours de M. Obama et de son vice-président, les adresses du vétéran Ted Kennedy, qui se relève d'une opération d'une tumeur au cerveau, de la concurrente malheureuse de M. Obama, Hillary Clinton, et de son mari l'ancien président Bill Clinton, vont tenir le public en haleine, affirme-t-il.

"C'est comme un concert d'un artiste célèbre. Vous y allez pour voir le spectacle, même si vous savez parfaitement quelles chansons vont être chantées", souligne M. Cowan. (afp/7sur7)
25/08/08 17h33
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