Le Parlement russe appelle à reconnaître les séparatistes géorgiens
Le Parlement russe s'est prononcé lundi pour une reconnaissance des deux républiques séparatistes de Géorgie, tandis que Moscou est sous pression des Occidentaux pour retirer ses positions militaires avancées en territoire géorgien.
Le Conseil de la Fédération (chambre haute) et la Douma (chambre basse) ont voté à l'unanimité une déclaration appelant le président russe Dmitri Medvedev à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. La décision revient désormais à l'exécutif russe, qui dispose d'une série d'options, de la reconnaissance et annexion pure et simple de ces deux territoires au statu quo, ce qui empêcherait la Géorgie de rejoindre l'Otan, selon des experts.
Effet domino
Six mois après la proclamation d'indépendance du Kosovo, aussitôt reconnue par Washington et la plupart des pays de l'Union européenne mais vivement critiquée par Moscou, qui avait alors mis en garde contre un "effet domino", le précédent de la province serbe était présent dans bien des esprits. "L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud ont plus de raisons que le Kosovo de prétendre à l'indépendance", a affirmé le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev.
Sergueï Markov, politologue et député pro-Kremlin, a laissé entendre qu'une reconnaissance des deux régions indépendantistes n'était pas l'unique scénario mais qu'elle interviendrait si les "instruments existants ne sont pas suffisants" pour assurer leur "sécurité".
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a dénoncé l'éventuelle reconnaissance des deux territoires comme "une tentative de changer les frontières de l'Europe par la force" qui aura des "résultats désastreux". L'Allemagne a appelé le président russe "à ne pas donner suite" au vote du Parlement. Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a invité la Russie à être "particulièrement prudente", "considérant la délicatesse de la situation actuelle dans la région".
Prête à tout
En attendant, la Russie affirme est prête à tout faire pour "régler définitivement" la crise autour de la région séparatiste pro-russe de Transdniestrie en Moldavie, a indiqué lundi la porte-parole du Kremlin, annonçant une série de "rencontres et négociations" entre les parties intéressées.
"La Russie ne ménagera pas ses efforts pour régler définitivement la crise transdniestre", a déclaré Natalia Timakova, à l'issue d'une rencontre entre les présidents russe, Dmitri Medvedev, et moldave, Vladimir Voronine, à Sotchi (sud de la Russie). "Une série de rencontres et de négociations se tiendront prochainement avec la participation de toutes les parties intéressées, y compris les représentants de la Trandniestrie", a-t-elle ajouté.
La Trandsniestrie fait partie, avec les républiques séparatistes pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud en Géorgie, des conflits territoriaux toujours non réglés dans les pays de l'ex-Union soviétique. M. Medvedev a déclaré voir de "bonnes chances" de règlement du conflit transdniestre lors de sa rencontre avec M. Voronine.