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Des villages géorgiens rasés par des bulldozers en Ossétie du Sud

Chaque jour, une ou plusieurs de ces ruines sont à nouveau la proie des flammes et des volutes de fumée s'élèvent vers le ciel entre les montagnes en provenance des derniers bâtiments encore debout.
Les bulldozers ont réduit à un tas de gravats la plupart des maisons incendiées dans les villages naguère peuplés de Géorgiens de la périphérie nord de Tskhinvali, pour cruellement signifier à leurs habitants qu'ils ne pourront plus jamais revenir chez eux.

Chaque jour, une ou plusieurs de ces ruines sont à nouveau la proie des flammes et des volutes de fumée s'élèvent vers le ciel entre les montagnes en provenance des derniers bâtiments encore debout des environs de la capitale de l'Ossétie du Sud, dans l'indifférence des soldats russes présents et sans que la moindre voiture de pompiers ne se présente jamais.

A Kourta, Zemo Achabeti et Kvemo Achabeti, dans la région où siégeait un gouvernement ossète pro-géorgien, une forte odeur de bois brûlé persiste. Seules quelques inscriptions en géorgien témoignent de cette présence passée. Une affiche avec le portrait du président géorgien Mikheïl Saakachvili est presque entièrement déchirée. "Ossétie", a-t-on peint sur un mur calciné.

"Les Géorgiens ont commencé", commente Taïmouraz Tchotchiev, vice-Premier ministre d'Ossétie du Sud, avant de réciter une liste de localités "auxquelles ont mis feu les Géorgiens", qui ont déclenché dans la nuit du 7 au 8 août une offensive contre le territoire séparatiste. Et de lancer à leur intention, un clair et sans appel: "Je ne leur conseille pas de revenir". "On ne peut pas vivre avec les Géorgiens... et ils ne veulent pas vivre avec nous", conclut-il.

Une phrase mille fois entendue à Tskhinvali, où la population clame haut et fort que les Ossètes sont arrivés les premiers sur ces terres, quand elle ne tient pas des propos ouvertement racistes à l'encontre de ceux avec lesquels ils ont cohabité pendant plus de 80 ans, Moscou ayant rattaché l'Ossétie du Sud à la Géorgie au début des années 1920.

Dans ce contexte de haine envers les Géorgiens, le cas de Nelli Tedelouri, une habitante de Tskhinvali, semble complètement sortir du commun. "Je suis née ici, mes enfants sont nés ici. Mes relations avec les Ossètes sont formidables", assure-t-elle dans la cour d'un immeuble, dont des appartements ont été ravagés par des roquettes. De leur côté, ses voisins, tous ossètes ne tarissent pas d'éloges à son adresse.

"Je n'ai fait l'objet d'aucune vexation. Si cela c'était mal passé pour moi et ma famille ici, je serais bien sûr partie", ajoute cette femme veuve depuis que son mari a trouvé la mort dans un accident du travail. "Je suis Géorgienne mais j'aime les autres", s'emballe-t-elle avec passion, en montrant la petite foule qui s'est formée autour. Mais quand le journaliste de l'AFP lui demande quelle est son actuelle citoyenneté, pratiquement l'intégralité de la population ayant un passeport russe, elle répond: "je n'en ai pas", sans vouloir fournir la moindre explication...

Les villages géorgiens rasés ? "Ce sont sûrement les Ossètes qui voulaient se venger après que leurs villages eurent été incendiés", lâche-t-elle. (belga/7sur7)
26/08/08 10h57
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