Le président français Nicolas Sarkozy a officialisé jeudi l'instauration d'une taxe de 1,1% sur les revenus du capital pour financer un dispositif d'aide aux pauvres, suscitant les critiques du patronat et de certains membres de sa majorité de droite.
Cette taxe portera la taxation du capital de 11% à 12,1% pour permettre de financer le Revenu de solidarité active (RSA), un nouveau dispositif social concernant 3,7 millions de ménages.
Le gouvernement veut généraliser en 2009 ce dispositif déjà expérimenté dans une partie du pays, avec un coût supplémentaire de 1,5 milliard d'euros.
Le RSA, un projet défendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, un homme venu de la gauche, permet à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs "pauvres" de percevoir un complément à leur salaire.
Une personne qui n'a pas de travail touchera le RSA à taux plein (environ 450 euros). L'instauration d'une nouvelle taxe a reçu un accueil mitigé à droite, et franchement hostile au sein du patronat. Le chef du parti socialiste François Hollande a qualifié cette taxe de "légitime", mais des socialistes ont critiqué le "sous-financement" du RSA.
Lors de sa campagne électorale, M. Sarkozy s'était engagé à ramener le taux de prélèvements obligatoires dans la moyenne de l'UE, autour de 40% du PIB, d'ici 2012. Fin 2007, ce taux était de 43,5%, plaçant la France dans le peloton de tête des pays industrialisés.
"Il est normal que les revenus du capital puissent aider à faire en sorte d'aider à ce que les exclus retrouvent du travail", a dit M. Sarkozy en déplacement dans l'ouest de la France.
"J'ai beaucoup fait pour le développement économique de la France", a justifié M. Sarkozy en évoquant les mesures fiscales (suppressions de droits de successions notamment) appliquées après son élection.
La gauche a accusé M. Sarkozy d'avoir privé le pays de toute marge de manoeuvre budgétaire avec le vote l'an dernier d'un "paquet fiscal" d'un coût de 13 milliards par an.
L'annonce de M. Sarkozy intervient dans un contexte économique très difficile pour la France, où le PIB a reculé de 0,3% au 2e trimestre. (afp)


