Après plusieurs mois de baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy voit depuis son retour de vacances sa cote de popularité remonter auprès des Français, même si une majorité d'entre eux continue à avoir une mauvaise opinion de lui.
Trois sondages montrent que le président de la République regagne de la crédibilité auprès des Français: l'Ifop le créditait le 23 août de 40% d'opinions positives (+2), contre 59% de négatives. Le 28 août, c'est Ipsos qui notait une cote à 44% (+5, contre 52% d'opinions défavorables) et le 29 août, ViaVoice évaluait également à +5 points la cote du chef de l'Etat, à 43% d'opinions positives (contre 54% de négatives).
Même si les Français continuent à se déclarer majoritairement mécontents de M. Sarkozy, le président, dont la cote est dans "le rouge" depuis la mi-janvier avec des records à la baisse au printemps, semble être "sur une bonne pente, à court et à moyen terme", assure Philippe Braud, professeur à Sciences Po et spécialiste en psychologie politique. "Ceci pour des raisons internationales mais aussi intérieures", ajoute le politologue. "Les troubles de sa vie privée, qui l'avaient pénalisé cet hiver, semblent être derrière lui.
Aujourd'hui, il a une posture plus présidentielle et il bénéficie de sa fonction de président de l'Union européenne", explique-t-il. "Il apparaît comme quelqu'un qui mène le jeu: sa médiation dans le conflit russo-géorgien a été positive. Il est apparu comme un homme d'Etat, crédité comme tel au niveau international. Condoleezza Rice (ndlr: la secrétaire d'Etat américaine) s'est précipitée pour le voir avant d'aller à Tbilissi, c'est bon pour lui", affirme-t-il.
Stéphane Rozès, directeur général adjoint de l'institut de sondages CSA, relève également que "dans ses domaines d'intervention sur la scène internationale, M. Sarkozy est jugé crédible par les Français". Le politologue cite, outre la présidence de l'UE et la crise géorgienne, l'organisation en juillet du sommet de l'Union pour la Méditerranée, et l'Afghanistan, où M. sarkozy s'est rendu immédiatement après la mort de dix soldats français, tués par les talibans.
"La situation est apparemment paradoxale: alors même que la situation économique et sociale se tend (croissance et pouvoir d'achat en berne), le président gagne en popularité sur des sujets consensuels pour lesquels il est crédité d'une compétence et d'une légitimité", analyse M. Rozès. Autres chantiers à mettre à l'actif de Nicolas Sarkozy, selon les deux politologues: l'adoption, en juillet, de la réforme des institutions, qui a été "une élément de décrispation du clivage droite/gauche", selon M. Rozès, et le Revenu de solidarité active financé par une taxation des revenus du capital.
"Il fait grogner les patrons, c'est également bon pour lui", selon M. Braud. Pour Stéphane Rozès, une fois que Nicolas Sarkozy ne sera plus président de l'UE (après le 31 décembre), les regards seront à nouveau tournés vers la scène intérieure, là où, selon lui, "les Français ne voient pas très bien sa feuille de route". Au contraire, pour M. Braud, "l'aura de cette présidence - s'il n'y a pas d'accrocs d'ici là - va continuer à fonctionner.
Nicolas Sarkozy aura légitimé sa stature d'homme d'Etat et cela va rétroagir sur les mentalités", analyse-t-il, d'autant que "les réformes, coûteuses à court terme, peuvent être bénéfiques à long terme" et que "les critiques des socialistes tombent à plat, en raison de leurs divisions". (afp)


