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Un psychologue pris en otage à Fleury-Mérogis

7S7 mise à jour   Un psychologue était retenu en otage lundi depuis plusieurs heures à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Ile de France) par un détenu purgeant une peine de 15 ans de réclusion pour viol avec arme, et une équipe du GIGN a été envoyée sur place.

"Menaçant et déterminé"
La prise d'otage qui a démarré vers 11h30 se poursuivait en début de soirée dans une coursive du service médico-psychologique de
l'établissement, selon des sources concordantes.

Le preneur d'otage, un homme d'une trentaine d'années, "est très
menaçant et très déterminé", a précisé la gendarmerie qui a ajouté qu'une vingtaine de personnes du GIGN étaient sur place avec une cellule de négociation comprenant un psychologue ainsi que les forces d'intervention.

Ce détenu était venu dans la matinée en consultation en salle de soins d'où il a fait sortir le psychologue, un homme d'une cinquantaine d'années, pour ensuite le retenir en otage en exprimant "des revendications assez confuses", d'après le procureur de la République d'Evry, Jean-François Pascal.

"Profil psychologique dur"
Le procureur a souligné que le preneur d'otage, au "profil psychologique dur", était en possession d'une arme tranchante avec un manche de fabrication artisanale, "une sorte de poinçon". Le fait qu'il soit au milieu de la coursive rend difficile une intervention, a relevé René Sanchez, secrétaire général adjoint de ce syndicat.

Détenu depuis mars 2006 à Chartres, le preneur d'otage avait été
transféré en février 2008 à Fleury-Mérogis, quelques jours après sa
condamnation à 15 ans de réclusion criminelle - dont 10 ans de période de sûreté - pour viol avec arme par la cour d'assises d'Eure-et-Loir, selon un autre syndicat de surveillants, l'Ufap (majoritaire).

D'après Frédéric Parmentier, secrétaire de ce syndicat à Fleury, le
détenu "était déjà connu des services médicaux pour ses antécédents psychologiques et n'avait plus rien à faire en maison d'arrêt". "Il aurait été mieux traité dans un établissement spécialisé", a déploré M. Parmentier.

Une maison d'arrêt reçoit les prévenus (détenus en attente de
jugement) ainsi que les condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas, en principe, un an lors de leur condamnation définitive.

Il y a 13 ans
La dernière prise d'otage à Fleury-Mérogis, une des plus grandes
prisons d'Europe, touchée par la surpopulation, remonte à plus de 13 ans. Le 5 mai 1985 des dizaines de détenus avaient retenu un surveillant et jeté dans la cour des matelas enflammés jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre, quelques heures plus tard.

Construite sur un terrain de 180 hectares dans les années 60 et d'une capacité de 2.855 places, le centre pénitentiaire comprend une maison d'arrêt pour hommes, un établissement pour jeunes adultes de 18 à 21 ans et une maison d'arrêt pour femmes. Fleury-Mérogis abrite également un quartier pour mineurs dans lequel la ministre de la Justice, Rachida Dati, doit se rendre mardi pour marquer la rentrée scolaire en milieu carcéral.

3900 détenus
Au total, l'établissement hébergerait actuellement 3.900 détenus,
selon Frédéric Parmentier. La prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques dépend du ministère de la Santé. Elle repose sur des consultations en détention par des psychiatres ou, pour ceux les plus atteints, et avec leur consentement, dans les Services médico-psychologiques régionaux (SMPR) qui sont au nombre de 26 pour quelque 200 prisons. (afp/7sur7)
01/09/08 18h05
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