Le Premier Ministre, Samak Sundaravej, n'a pas encore accepté la démission du ministre des Affaires étrangères.
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Tej Bunnag a présenté sa démission mercredi mais le Premier ministre n'a pas encore fait savoir s'il l'acceptait, a déclaré un collaborateur. Ce dernier a déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que M. Tej avait remis sa démission en raison de problèmes de santé de son épouse.
Les manifestations continuent
La démission du chef de la diplomatie intervient alors que le Premier ministre Samak Sundaravej s'efforce d'obtenir des soutiens alors qu'il est confronté depuis une semaine à un mouvement aux allures d'insurrection où des milliers de manifestants qui réclament sa démission occupent le siège du gouvernement.
Parallèlement, des milliers d'opposants thaïlandais ont continué mercredi de braver le pouvoir, en dépit de l'état d'urgence décrété à Bangkok. En revanche, l'appel à la grève dans les services publics n'a pas été suivi.
La State Enterprises Workers' Relations Confederation - la principale confédération syndicale thaïlandaise qui regroupe 43 syndicats et compte 200 000 membres - avait appelé à des débrayages mercredi, menaçant même de couper l'eau et l'électricité aux agences gouvernementales.
Aucune perturbation
Mais aucune perturbation majeure n'a été signalée dans les services publics et des responsables dans les principales entreprises nationales ont déclaré que la plupart des employés s'étaient présentés au travail mercredi matin.
L'activité a été qualifiée de normale à la compagnie aérienne Thai Airways, ainsi que dans les transports par bus et par métro. Les Chemins de fer publics, qui subissent des perturbations depuis jeudi dernier, faisaient même état d'une amélioration, avec des débrayages seulement dans les provinces méridionales.
Depuis le 26 août, des milliers de manifestants sont retranchés à l'intérieur du complexe abritant le siège du gouvernement à Bangkok et exigent la démission du premier ministre Samak Sundaravej. Mardi, M. Samak a décrété l'état d'urgence dans la capitale thaïlandaise après des violences entre partisans et adversaires du gouvernement, qui ont fait un mort et 44 blessés.
Ordre
Les rassemblements politiques sont désormais interdits et les militaires disposent de pouvoirs spéciaux pour faire régner l'ordre. Cependant, le chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, a dit qu'il n'avait aucunement l'intention de recourir la force, affirmant privilégier des négociations.
Mais l'un des principaux leaders des manifestants a déclaré que des pourparlers ne seraient possibles que si M. Samak s'en allait. «Notre position est toujours ferme: M. Samak doit partir. S'il ne part pas, nous ne parlerons à personne», a dit Sondhi Limthongkul, patron de presse qui est à l'origine du mouvement de contestation.
La poursuite du bras de fer et le spectre de nouvelles violences inquiètent de plus en plus les représentants de la florissante industrie touristique en Thaïlande (15 millions de touristes chaque année).


