Washington a mis en cause jeudi la crédibilité de la Russie après son "invasion" de la Géorgie, accusant Moscou de vouloir modifier de façon illégitime la carte de la région, tout en soutenant clairement cette ex-république soviétique et son entrée dans l'Otan.
"Les actions de la Russie ont suscité de graves doutes quant aux intentions de la Russie ainsi que sur sa crédibilité en tant que partenaire international, non seulement en Géorgie, mais dans toute la région, ainsi qu'au sein de la communauté internationale", a affirmé le vice-président américain, Dick Cheney, en visite à Tbilissi.
M. Cheney a ouvertement demandé aux alliés des Etats-Unis de se positionner en faveur de la Géorgie, dans la crise qui l'oppose à son puissant voisin russe. "Avant qu'elles ne soient appelées pour défendre leur pays, les troupes géorgiennes étaient en Irak. Désormais, la responsabilité du monde libre est de se mettre du côté de la Géorgie", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec le président géorgien, Mikheïl Saakachvili.
Il a condamné "la tentative illégitime (de Moscou) de changer par la force les frontières" de la Géorgie. M. Cheney a apporté un appui ferme au pouvoir en place à Tbilissi, alors que Moscou accuse M. Saakachvili d'avoir provoqué le conflit et ne le reconnaît plus comme interlocuteur valable, le traitant de "cadavre politique".
Il n'a laissé aucun doute quant au soutien américain à l'adhésion de la Géorgie à l'Otan, démarche farouchement dénoncée par la Russie. "L'Amérique soutient fermement le programme d'adhésion de la Géorgie à l'Otan et son intégration à terme dans l'alliance atlantique", a-t-il assuré. "Comme l'ont déclaré les membres de l'Otan au sommet de Bucarest (en avril), la Géorgie sera dans notre alliance", a-t-il fait valoir.
Ces déclarations font monter encore d'un cran la tension entre Moscou et Washington. Un troisième navire de guerre américain, l'USS Mount Whitney, doit rallier dans les prochains jours la Géorgie, où deux autres bâtiments de la marine américaine ont déjà acheminé de l'aide humanitaire. La Russie a vivement critiqué l'arrivée récente en mer Noire de plusieurs navires de l'Otan, le Premier ministre russe Vladimir Poutine s'interrogeant sur la nécessité de convoyer de l'aide humanitaire "à bord de bateaux militaires armés de systèmes de missiles ultramodernes".
Il a assuré que la Russie aurait "une réponse" à cette situation.
Mercredi, Washington a annoncé avoir débloqué une aide humanitaire d'un milliard de dollars à la Géorgie, alors qu'une aide humanitaire d'environ 30 millions de dollars a déjà été fournie. M. Cheney est arrivé en provenance d'Azerbaïdjan, où, la veille, il avait tenté de rassurer les alliés américains dans l'ex-URSS et s'était prononcé en faveur d'une augmentation du nombre d'oléoducs et de gazoducs depuis le Caucase.
La Géorgie, voie de transit clef pour les hydrocarbures de la mer Caspienne vers l'ouest, est un allié stratégique incontournable pour les Occidentaux qui entendent diversifier leurs sources d'approvisionnement en contournant la Russie.
Plus tard dans la journée, il se rendra en Ukraine, confrontée à une grave crise politique, dernière étape de sa tournée auprès des alliés de Washington dans l'ex-URSS. Il ira ensuite en Italie. Début août, les troupes russes étaient entrées en Géorgie pour repousser une offensive lancée par l'armée de Tbilissi dans la nuit du 7 au 8 août en Ossétie du Sud pour reprendre le contrôle de ce territoire séparatiste. (belga)
- Crise en Géorgie


