L'UE veut proposer aux USA un partenariat plus équilibré

L'UE espère devenir un partenaire plus égal des Etats-Unis après l'élection présidentielle américaine de novembre, et va envoyer des propositions en ce sens aux deux candidats, a indiqué vendredi le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays préside l'UE.
"Une place politique"Le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama souhaitent tous deux "que l'Union européenne prenne sa place politique" dans les crises mondiales, a déclaré M. Kouchner lors d'un point de presse à Avignon (sud de la France) au premier jour d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères.
"Les deux candidats en particulier mais l'actuelle administration aussi, souhaitent que l'Union européenne soit politiquement plus présente dans les problèmes de ce monde, que l'Union européenne prenne sa place politique et pas seulement en tant que bailleur de fonds", a-t-il fait valoir. Les Européens ne veulent "pas être des supplétifs", a-t-il poursuivi.
M. Kouchner, qui s'exprimait après la première journée d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, a précisé qu'un document sur les relations transatlantiques serait "envoyé à l'administration américaine et aux deux candidats" une fois finalisé. "Ce document sera revisité", a-t-il précisé, en soulignant que "chacun a essayé de l'améliorer".
La prochaine réunion informelle des chefs de la diplomatie européenne "se tiendra à Paris" avant la fin de l'année dans le but de "finaliser ce document, avant de l'envoyer à l'administration américaine et aux deux candidats", a-t-il dit.
ComplémentaritéM. Kouchner a soumis à ses homologues un document de sept pages, pour lancer le débat, selon des diplomates. La crise en Géorgie a montré "que les réponses européennes n'étaient pas exactement les réponses américaines", a constaté M. Kouchner, ajoutant: "il faut qu'elles soient complémentaires".
De son côté, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a souligné que les Européens "veulent un partenariat plus équilibré avec les Etats-Unis". Pour l'obtenir, "nous devons être plus clairs et plus unis dans les positions que nous adoptons", a-t-elle dit.
"La Géorgie comme exemple"
"La Géorgie a été un très bon exemple" de la façon dont les Européens peuvent être réactifs tout en préservant leur unité, a-t-elle fait valoir. Elle a qualifié le document présenté par la présidence française de "très bonne base" pour aller de l'avant.
Auparavant, le ministre britannique, David Miliband, avait appelé Européens et Américains à renouveler leurs efforts pour coopérer face aux défis mondiaux.
"Au cours des dernières années, on a vu un effort constant de la part des Européens et des Américains pour forger des positions communes sur des sujets aussi divers que l'Iran, la Russie ou le développement", a-t-il relevé, se disant "convaincu que l'Europe et les Etats-Unis peuvent encore travailler de concert".
Même message
L'idée est que les Européens adoptent un même message vis-à-vis des Américains sur la plupart des sujets, que le prochain président soit MM. McCain ou Obama.
"On lance une réflexion. Ce serait la première fois que nous, les Européens, on serait capable d'avoir un langage à peu près uni", a fait valoir un diplomate français. "On pense que c'est possible aujourd'hui", a-t-il dit, énumérant le Moyen-Orient, l'Afghanistan, le rôle du multilatéralisme ou le changement climatique.
La guerre en Irak avait créé en 2003 des tensions très vives entre Washington et plusieurs capitales européennes, dont Paris, Berlin et Bruxelles, et divisé durablement les Européens. (afp/7sur7)