Des Européens appellent à une enquête indépendante en Géorgie

Plusieurs dirigeants européens se sont dits favorables samedi à Avignon (sud-est de la France) à une "enquête indépendante" sur le déclenchement début août du conflit en Géorgie, une idée lancée la veille par le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.
"Je suis tout à fait favorable", a déclaré le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays préside l'Union européenne, en marge d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères. Son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, a déclaré: "Nous n'en avons pas encore discuté, mais nous allons le demander".
"Il y a un groupe de pays qui le demande", a précisé de son côté le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, ajoutant: "Ce ne serait pas une mauvaise chose". Au-delà des responsabilités dans le déclenchement du conflit, le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a jugé "essentiel que toute allégation, qu'il s'agisse de violations des droits de l'Homme, de bombes à sous-munitions ou toute autre allégation, fasse l'objet d'une enquête approfondie et indépendante".
Il a rappelé que "des accusations très graves avaient été lancées des deux côtés", russe et géorgien. La communauté internationale "ne manque pas d'institutions" capables de mener une enquête sur le conflit, avait estimé la veille M. Steinmeier, dans une interview au
Hannoversche Allgemeine Zeitung, citant l'ONU ou l'OSCE.
Les chefs de la diplomatie européenne tentaient à Avignon de consolider leur unité face à Moscou, avant une réunion cruciale lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev.