L'ancien homme d'affaires Bernard Tapie, dont la récente victoire judiciaire devant un tribunal arbitral contre le Crédit Lyonnais a suscité la polémique, a déclaré mardi que la "sentence n'a pas été rendue par Sarkozy" et qu'il n'était "pas l'ami" du président.
La commission des Finances de l'Assemblée nationale, chargée de faire la lumière sur cet arbitrage controversé, entendra mercredi l'ancien PDG du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, puis Bernard Tapie. Interrogé sur RTL pour savoir s'il était "ami" avec Nicolas Sarkozy, M. Tapie, que François Bayrou accuse d'avoir bénéficié de "protections au plus haut niveau", a répondu: "Non, malheureusement, parce que j'aurais bien aimé, mais ce n'est pas le cas".
"Mais imaginons le pire: il est mon ami. Comment peut-il intervenir sur des gens comme MM. Bredin, Mazeaud ou le premier président honoraire de la Cour d'appel de Versailles?" a-t-il poursuivi, affirmant que "la sentence n'a pas été rendue par Sarkozy".
Fautes
Le tribunal arbitral, qui a condamné le 7 juillet le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme public chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, à verser aux liquidateurs du groupe Tapie une indemnité record de 285 millions d'euros, était formé de trois personnalités: Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Denis Bredin, avocat, et Pierre Estoup, magistrat.
Le tribunal a estimé que deux fautes avaient été commises par les filiales du Lyonnais chargées de vendre Adidas: un "manquement à l'obligation de loyauté" et une "violation de l'interdiction de la banque mandataire de se porter contrepartie" (c'est-à-dire d'acheter un bien qu'elle est chargée de vendre).
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