La colistière de McCain accumule les révélations embarrassantes

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Par: rédaction
9/09/08 - 20h39

La désignation de Sarah Palin comme colistière de John McCain est saluée dans les derniers sondages, mais la presse se fait l'écho chaque jour de nouvelles affaires embarrassantes qui font figure de bombes à retardement pour le ticket républicain.

Meilleur choix
Selon un sondage pour la chaîne de télévision CNN publié mardi, Sarah Palin apparaît moins expérimentée mais représente un meilleur choix que Joe Biden, le colistier du prétendant démocrate Barack Obama. S'ils avaient le choix de ne voter que pour le vice-président, 53% des électeurs interrogés voteraient pour Mme Palin, contre 44% pour M. Biden.

Affaires compromettantes
Parallèlement, depuis sa désignation surprise le 29 août par John McCain, plusieurs affaires potentiellement compromettantes pour Mme Palin ont fait les titres des journaux et ont été largement commentées sur les blogs politiques et à la télévision.

Influence
En même temps que la révélation de la grossesse de sa fille âgée de 17 ans, la presse a divulgué rapidement les détails d'une affaire mettant en cause Mme Palin pour avoir tenté d'utiliser son influence afin de faire renvoyer des forces de sécurité de l'Alaska, Etat qu'elle gouverne, son ex-beau frère, qui avait menacé de mort son père.

Fraude paradoxale
Mme Palin est en outre soupçonnée d'avoir utilisé des fonds fédéraux pour des projets d'intérêt local, alors que M. McCain a fait de la lutte contre cette pratique un de ses principaux chevaux de bataille.

Frais anormaux
Le Washington Post a révélé ce mardi matin qu'elle aurait facturé à l'Etat d'Alaska 312 nuits qu'elle aurait en fait passées dans sa propre maison, au cours des 19 premiers mois de son mandat à la tête de l'Etat. Des frais de transport pour sa famille auraient également été payés par les contribuables.

Travaux inutiles
En outre, alors que Mme Palin s'est présentée en championne de la chasse au gaspillage de fonds publics, ses rivaux démocrates l'accusent d'avoir gaspillé des centaines de millions de dollars dans un projet de "pont vers nulle part", qui aurait relié une poignée d'habitants isolés à un aéroport. Elle affirme avoir retiré son soutien au projet après s'être rendu compte du gaspillage. En campagne mardi à Lebanon (Ohio), Sarah Palin a refusé, malgré la critique, de retirer ses déclarations dans lesquelles elle se présentait comme celle qui a "bloqué" ce projet.

Effets néfastes
John Mueller, professeur de sciences politiques à l'université de l'Ohio, pense que les révélations faites par la presse peuvent être "nuisibles" à Mme Palin. Toutefois, explique-t-il, "cela pourrait n'être que marginal". "Il y aura certainement toutes sortes de petites choses qui sortiront et ne seront pas utiles" à sa campagne, ajoute M. Mueller avant de conclure: "mais je pense qu'elle pourra y survivre car elle est très populaire dans le parti et cela serait très embarrassant et très difficile pour eux de la remplacer".

Episode télé
Pour Larry Sabato, directeur du centre d'études politique de l'Université de Virginie, les révélations de la presse sont "bien sûr, nuisibles". "Nous verrons combien d'histoires vont sortir et combien de temps cela dure (...) Mais cela est déjà arrivé dans le passé, notamment avec Dan Quayle (le vice-président de George Bush père, ticket élu en 1988), qui était totalement inconnu du public lorsqu'il a été choisi", dit-il. "Elle survivra à cela, car McCain, qui a beaucoup investi en elle, ne peut pas la remplacer", estime l'universitaire. "La question maintenant c'est de savoir comment la télévision va traiter cela, car elle peut être beaucoup plus convaincante que la presse écrite". (belga)

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