"Tout doit être réglé aujourd'hui", avait dit en début de journée M. Somchai, en se déclarant convaincu que "chacun dans le parti le soutiendrait comme candidat unique au poste de Premier ministre".
"Somchai doit annoncer au Parlement comment il réduira les tensions et les conflits et comment il préservera la démocratie constitutionnelle avec le monarque comme chef de l'Etat".
Une importante faction du parti au pouvoir en Thaïlande s'est ralliée mardi à la candidature de Somchai Wongsawat au poste de Premier ministre, mettant fin à un conflit interne et ouvrant la voie à l'élection de ce beau-frère du dirigeant déchu Thaksin Shinawatra.
"Nous nous conformons à la majorité"
"Nous avons décidé de soutenir Somchai, les dirigeants du parti ayant écouté nos arguments. Nous nous conformons à la majorité" du Parti du pouvoir du peuple (PPP), a déclaré à la presse le député Boonchong Wongtrairat, porte-parole de cette faction affirmant représenter environ un tiers des 223 élus du parti.
Des dizaines de membres de cette faction avaient claqué la porte d'une réunion lundi des parlementaires du PPP qui était censée endosser la candidature de M. Somchai, 61 ans, juriste de formation, appelé à remplacer Samak Sundaravej, contraint de démissionner la semaine dernière après une décision de justice.
Vote au parlement ce mercredi
La crise politique, née le 26 août de l'occupation des bureaux du Premier ministre par des manifestants royalistes, avait alors atteint son paroxysme. Mais des tensions avaient ensuite éclaté au sein du PPP et s'étaient accompagnées de menaces de dissolution pure et simple de la chambre des Représentants issue des élections du 23 décembre 2007.
Le Parlement est officiellement convoqué mercredi pour procéder à l'élection d'un nouveau Premier ministre. M. Somchai est Premier ministre par intérim depuis la démission de M. Samak et il détenait précédemment le portefeuille de l'Education. Il est marié à Yaowapa, une des soeurs de M. Thaksin.
Somchai doit expliquer sa méthode
Thaksin Shinawatra, puissant homme d'affaires de 59 ans, a gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être renversé par des généraux royalistes et de s'exiler en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption. Selon la presse thaïlandaise, M. Thaksin continue d'influencer les grandes décisions du PPP qu'il finance.
La faction réfractaire a annoncé son ralliement par la voix de son porte-parole qui a affirmé: "Somchai doit annoncer au Parlement comment il réduira les tensions et les conflits et comment il préservera la démocratie constitutionnelle avec le monarque comme chef de l'Etat".
"Tout doit être réglé aujourd'hui"
Outre le soutien du PPP, M. Somchai devait recevoir plus tard mardi l'appui des cinq partenaires de la coalition gouvernementale, qui totalisent eux 83 députés. "Tout doit être réglé aujourd'hui", avait dit en début de journée M. Somchai, en se déclarant convaincu que "chacun dans le parti le soutiendrait comme candidat unique au poste de Premier ministre".
Les manifestants qui campent toujours au siège du gouvernement à Bangkok ont pour leur part juré de poursuivre leur mouvement de protestation si le nouveau Premier ministre était issu des rangs du PPP. Mardi, la Cour suprême a lancé un nouveau mandat d'arrêt contre M. Thaksin, en liaison avec l'octroi d'un prêt controversé à la Birmanie alors qu'il était au pouvoir.
M. Thaksin, qui fait l'objet de multiples enquêtes et procédures judiciaires en Thaïlande, a affirmé qu'il était la cible d'une vendetta politique et qu'il ne croyait plus en la justice de son pays. (belga)


