MISE À JOUR
L'ambassade des Etats-Unis au Yémen, qui avait déjà échappé cette année à une attaque de la branche locale d'Al-Qaïda, a été la cible mercredi d'un attentat suicide à la voiture piégée qui a fait au moins 16 morts, selon une source officielle.
Un bilan fourni par le ministère de l'Intérieur indique que six
assaillants, six soldats et quatre civils, dont une ressortisante
indienne, ont péri dans cette attaque, l'une des plus sanglantes de
l'histoire du Yémen.
D'autres menaces
Un mystérieux groupe islamiste se présentant comme le "Jihad islamique au Yémen" a revendiqué peu après l'attentat dans un communiqué parvenu à l'AFP, mais dont l'authenticité ne pouvait être établie. Il a aussi menacé de prendre pour cible les chancelleries de Grande-Bretagne, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis à Sanaa.
Pour sa part, le porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis, Ryan
Gliha, a indiqué qu'il y avait eu "plusieurs victimes", sans plus de
précision.
Le bâtiment abritant la chancellerie étant situé, pour des raisons de
sécurité, à environ 150 m de l'entrée proprement dite du complexe et de la route, il semblait très improbable que les personnes se trouvant à l'intérieur de la chancellerie au moment de l'attaque aient pu être
touchées.
Violence
L'explosion a été d'une telle violence que des morceaux de chair
étaient retombés à une centaine de mètres de là, selon des résidents.
Selon plusieurs témoins anonymes, l'attentat a été l'oeuvre d'un
kamikaze qui a fait exploser un véhicule devant l'enceinte du bâtiment.
Juste avant, des hommes armés circulant dans un autre véhicule avaient ouvert le feu sur les policiers de faction devant le bâtiment, déclenchant une fusillade nourrie. Le journal en ligne du ministère de la Défense yéménite, 26Sept.net, a toutefois fait état de deux voitures piégées. En explosant, la voiture piégée a pris feu et déclenché un incendie à l'entrée de l'ambassade.
Avertissements
Dans des messages mis en ligne sur des sites internet islamistes peu
avant le début du Ramadan, des jihadistes avaient averti que des attaques auraient lieu au Yémen durant le mois de jeûne musulman.
Le 18 mars, l'ambassade américaine avait déjà été la cible d'un
attentat aux obus de mortier qui avait été revendiqué par les "Brigades Jund Al-Yemen" (soldats du Yémen), branche locale du réseau Al-Qaïda.
Les assaillants avaient manqué leur cible, mais un projectile avait
frappé une école pour jeunes filles voisine de l'ambassade, tuant un
policier et une élève. Quatre policiers et une quinzaine d'élèves avaient été blessés. On ne sait rien du "Jihad islamique au Yémen", et notamment de ses liens avec la branche locale d'Al-Qaïda.
Ce groupe ne s'était manifesté qu'une fois, pour revendiquer un
attentat qui avait ensuite été revendiqué par l'antenne yéménite
d'Al-Qaïda. Dans son communiqué, il affirme qu'il compte "poursuivre la série d'explosions selon le plan préétabli et (visant) d'autres ambassades".
Cette dernière phrase semble se référer à un précédent communiqué daté de mardi dans lequel le groupe avertissait, à propos des ambassades d'Arabie saoudite, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et des Emirats arabes unis, qu'il allait les faire "exploser (...) si nos frères ne sont pas libérés" des prisons du Yémen.
Al-Qaïda
Au contraire du "Jihad islamique au Yémen", le réseau Al-Qaïda est
très actif depuis des années au Yémen. Il s'était manifesté pour la première fois dans ce pays le 12 octobre 2000 lors d'une attaque suicide à l'aide d'un canot piégé contre le destroyer américain USS Cole dans le port d'Aden (sud) qui avait tué 17 marins américains.
Pays misérable situé au sud de la péninsule arabique et dont est
originaire la famille d'Oussama ben Laden, fondateur d'Al-Qaïda, le Yémen s'était alors rangé aux côtés des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, mais affiche depuis un bilan très mitigé. Depuis environ un an, le nombre des attentats contre des cibles occidentales et gouvernementales s'est nettement accru.
Ces dernières semaines, les services de sécurité yéménites ont arrêté des dizaines de membres présumés d'Al-Qaïda. En août, ils avaient annoncé avoir tué cinq membres de la branche locale d'Al-Qaïda, dont un de ses chefs qui s'était échappé de prison en février 2006 avec 22 autres extrémistes. (afp)


