Kinshasa veut "requalifier" la coopération avec la Belgique

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Par: rédaction
19/09/08 - 12h03

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a procédé à une analyse de la coopération bilatérale avec la Belgique qui l'a conduit à réclamer une "requalification" du Programme indicatif de coopération (PIC) belgo-congolais, en vue d'une plus grande efficacité de l'aide au développement, a annoncé jeudi le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu Etsu.

"L'appui du Royaume de Belgique, ainsi que celui des autres partenaires doivent s'aligner sur les priorités du pays et intégrer la nouvelle donne internationale en matière d'efficacité de l'aide", a dit M. Kamitatu. Désireux "d'assurer un nouveau cadre de coopération qui réponde avant toute chose aux besoins de la population congolaise", le gouvernement de Kinshasa a commencé à scruter la coopération bilatérale avec ses partenaires traditionnels, a-t-il expliqué.

Analyse
L'intention du gouvernement congolais fait suite aux résultats d'une enquête menée depuis mars dernier. Dans cet exercice, le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga s'est intéressé à la coopération avec la Belgique, qui est l'une des plus anciennes, afin de dresser une évaluation au regard de la nouvelle donne de l'efficacité de l'aide en situation post-conflit, alors que la RDC sort de deux guerres (1996-1997 et 1998-2003).

Selon le ministre du Plan, "une analyse objective" de la structure de l'aide bilatérale entre 2001 et 2007 révèle que sur une moyenne de décaissements d'environ 206 millions d'euros, ce montant se répartit en deux volets. Le premier de 144 millions d'euros va à la gestion de la dette extérieure congolaise et aux régularisations auprès des Institutions internationales. Cet argent ne transite pas par le gouvernement et encore moins par l'administration congolaise.

ONG
Les 62 autres millions d'euros, soit 30% de l'enveloppe vont au projet de développement et à l'aide humanitaire. "Là encore, si l'on analyse uniquement ce montant, on note qu'en dehors de la coopération institutionnelle classique (Coopération technique belge, Nations Unies, universités, etc.), les ONG tant nationales qu'internationales ont reçu en moyenne plus du tiers de ce montant, soit 20 millions d'euros.

Bien qu'absorbant des montants significatifs, les dépenses de fonctionnement de ces structures n'ont pas été examinées bien qu'elles méritent une attention particulière", a ajouté M. Kamitatu. Selon lui, l'enquête a démontré que sur les 146 agences d'exécution financées par le gouvernement belge en RDC, 79 évoluent de façon parallèle en dehors des cadres prescrits dans le pacte de performance signé par tous les partenaires, "ce qui ne concourt pas au renforcement des capacités nationales".

Priorités
Pour Kinshasa, l'appui de la Belgique, ainsi que celui des autres partenaires, doit dès lors s'aligner sur les priorités du pays et intégrer la nouvelle donne internationale en matière d'efficacité de l'aide. "Dans ce nouveau contexte, la requalification du Programme indicatif de coopération (PIC) s'avère incontournable", ajoute le texte.

La Belgique et la RDC ont conclu en mars 2007 un PIC d'un montant total de 195 millions d'euros sur trois ans (2007 à 2009), marquant la relance la coopération structurelle belgo-congolaise, interrompue depuis 1990. Mais la tranche 2008 de ce PIC est gelée par la nouvelle crise que traversent les relations entre Bruxelles et Kinshasa depuis quatre mois.

Désormais, le gouvernement congolais attend de tous les partenaires au développement que leur appui passe par des cadres de gestion axés sur les résultats, par une plus grande responsabilité mutuelle et notamment par un renforcement des capacités de l'administration.

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