Saakachvili va lancer un "appel à l'aide" à l'ONU
"Nous allons parler devant l'Assemblée générale de l'agression russe et du nettoyage ethnique", a déclaré le président géorgien à l'aéroport de Tbilissi, d'où il devait décoller pour New York.
La Géorgie accuse Moscou d'avoir "annexé" de facto les deux territoires séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, dont la Russie a reconnu l'indépendance le 26 août.
M. Saakachvili a réconforté cette semaine des parents de soldats géorgiens décédés durant le conflit de cet été.
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a déclaré vendredi qu'il allait "lancer un appel à l'aide à la communauté internationale" lors d'un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.
"Agression russe" et "nettoyage ethnique""Nous allons parler devant l'Assemblée générale de l'agression russe et du nettoyage ethnique", a-t-il dit à des journalistes à l'aéroport de Tbilissi, d'où il devait décoller pour New York. "Nous allons lancer un appel à l'aide à la communauté internationale", a-t-il ajouté, sans plus de détails sur la teneur de l'"aide" qu'il souhaite obtenir. "Nous devons augmenter notre coopération avec nos partenaires, et renforcer nos relations avec la Chine", a-t-il encore dit.
Selon le programme officiel de l'ONU, M. Saakachvili doit s'exprimer mardi devant l'Assemblée générale. L'entourage du président géorgien a évoqué pour sa part mardi ou mercredi. Le président géorgien a également exprimé sa satisfaction après le discours très critique à l'égard de Moscou prononcé jeudi par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. Il "prouve qu'on assiste à une nouvelle ère des relations internationales, et (à) un nouvel ordre mondial", a-t-il estimé.
Tbilissi accuse Moscou "d'annexion" de territoire
Mme Rice a accusé la Russie d'être de plus en plus "autoritaire" et "agressive", appelant les Européens à l'unité pour l'empêcher de "tirer un quelconque bénéfice de son agression" en Géorgie. La Géorgie accuse Moscou d'avoir "annexé" de facto les deux territoires séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, dont la Russie a reconnu l'indépendance le 26 août et avec lesquels elle a depuis conclu des accords de coopération, notamment militaires.
Jusqu'à présent, seul le Nicaragua a reconnu, outre Moscou, l'indépendance des deux républiques, qui viole selon Tbilissi l'intégrité territoriale de la Géorgie. A ce sujet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Iakovenko, a accusé vendredi les Etats-Unis de bloquer les demandes de visas des dirigeants des deux républiques séparatistes pour l'Assemblée générale des Nations Unies.
Retrait des troupes russes pour le 10 octobrePar ailleurs, les troupes russes doivent, selon l'accord conclu le 8 septembre par la Russie et l'Union européenne, se retirer d'ici le 10 octobre des zones adjacentes à l'Ossétie du Sud et à l'Abkhazie "sur leurs positions antérieures au début des hostilités" russo-géorgiennes le 7 août. Moscou est intervenue militairement en Ossétie du Sud le 8 août, en riposte à une tentative de Tbilissi de reprendre le contrôle de ce territoire séparatiste.
La Géorgie accuse la Russie de "nettoyage ethnique" dans ces deux républiques séparatistes, et a récemment demandé à la Cour internationale de justice à La Haye d'ordonner d'urgence à Moscou d'y mettre fin. Selon Tbilissi, 150.000 Géorgiens ont été déplacés depuis l'intervention russe. Sur le plan financier, l'Union européenne et les Etats-Unis se sont engagés à aider économiquement l'ex-république soviétique.
Bruxelles, qui a déjà annoncé 500 millions d'euros d'aide à la Géorgie, espère que l'effort total de l'UE atteindra le double avec les contributions des 27 lors d'une conférence des donateurs en octobre. Les Etats-Unis se sont déjà engagés à fournir une aide d'un milliard de dollars (environ 700 millions d'euros), dont 570 millions d'ici la fin de l'année. (afp/7sur7)