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Sarah Palin fait de l'ombre à John McCain

"Sarah on t'aime!", crie la foule à l'adresse de la candidate à la vice-présidence Sarah Palin dans les meetings du camp républicain, reléguant au second plan John McCain, qui semble parfois épuisé après des mois d'une campagne harassante.

Alors que le sénateur de l'Arizona, 72 ans, est obligé depuis peu de consacrer l'essentiel de son temps de parole à la crise financière, ce qui est loin d'être son thème de prédilection, Mme Palin, 44 ans, et nouvelle venue dans la campagne, a la tâche plus facile. Jouant la carte de la simplicité, elle ouvre leurs meetings communs en évoquant ses cinq enfants, son mari - "le premier gars de l'Alaska"- et se réjouit, comme jeudi dans le Wisconsin (nord), d'être dans un Etat "où les gens aiment le bon hockey, la bonne chasse, la bonne pêche et le super football".

Elle attendrit les foules en parlant de son fils Trig, 4 mois, atteint de trisomie 21 et en vantant une "Amérique où chaque enfant est chéri et se voit offrir une chance". Elle provoque aussi des vivats, quand elle promet des forages pétroliers offshore, alors que les Américains sont préoccupés par les prix des carburants. "On va forer, et on va forer maintenant", assure cette ultraconservatrice qui gouverne l'Alaska depuis 2006. Ce à quoi la foule répond: "drill, baby, drill!" (Fore, bébé, fore).

Avec sa silhouette impeccable et ses lunettes design, Mme Palin, pimpante, arbore des tenues colorées, contrastant nettement avec les costumes sombres et le teint extrêmement pâle de M. McCain. Depuis quelques jours, la candidat s'excuse presque de devoir évoquer en détail la situation économique, indiquant imaginer "que les événements actuels puissent être difficiles à comprendre pour beaucoup d'Américains".

Enchaînant meetings, interviews et déclarations, le candidat en campagne depuis des mois semble parfois fonctionner en mode automatique, et paraît même éteint par moments. En l'espace d'une seule semaine, il s'est rendu dans le Minnesota, le Wisconsin, le Michigan, l'Iowa, l'Ohio, la Floride et le New Hampshire, ainsi qu'à son quartier général près de Washington.

M. McCain semble toutefois retrouver son entrain, et la foule avec lui, lorsqu'il évoque la sécurité nationale ou les conflits en cours. Jeudi soir, dans le Wisconsin, il a ainsi ému l'assistance en racontant qu'une femme lui avait donné une enveloppe sur laquelle était inscrit le nom de son fils, mort au combat en 2006 en Afghanistan.

Brandissant le badge d'identification du soldat qui se trouvait dans l'enveloppe, M. McCain a promis que "son sacrifice ne serait pas vain car je placerai toujours le pays d'abord", provoquant un murmure ému dans l'assistance. Mais le public continue à scander "Sarah, Sarah" avant les meetings, la jugeant "adorable", "comme nous", et certains vont jusqu'à partir une fois qu'elle a parlé, sans même écouter M. McCain. Lorsqu'ils ont été présentés mardi dans l'Ohio, la foule s'est mise à hurler en entendant "Merci d'accueillir Sarah Palin", couvrant presque totalement la fin de la phrase: "... et le prochain président des Etats-Unis, John McCain".

L'affluence contrastait nettement avec celle qui avait accueilli le sénateur de l'Arizona en solo la veille en Floride. Il s'était exprimé à Jacksonville devant une salle aux trois-quarts vide, incitant certains à se demander si sa colistière n'était pas plus populaire que lui. En évoquant elle-même jeudi soir une "administration Palin-McCain", elle semblait leur donner raison. Vendredi, elle est allée encore plus loin, présentant M. McCain comme "mon colistier, mon ami". (afp)
20/09/08 11h47
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