Une scène de guerre à l'hôtel Marriott d'Islamabad

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Par: rédaction
20/09/08 - 21h40

Des corps mutilés et carbonisés, un hôtel en flamme et des survivants hébétés: l'attentat au camion piégé samedi soir contre le Marriott d'Islamabad au Pakistan ressemblait à une scène de guerre.

"C'est le 11-Septembre du Pakistan!", s'est écrié Najam Sethi, rédacteur en chef du journal Daily Times à la télévision publique. Au moins 60 personnes ont été tuées dans cet attentat, l'un des pires dans la série perpétrée depuis plus d'un an par des islamistes proches d'Al-Qaïda, qui ont fait plus de 1.200 morts.

Samedi soir, peu après 20H00, bon nombre de musulmans de cette République islamique du Pakistan rompaient le jeûne et faisaient la fête en famille, entre amis ou avec des collègues. Pour d'autres, c'était le moment de sortir dîner par une belle soirée de septembre, la période de l'année où le temps se rafraîchit à Islamabad.

Mais la terrible explosion du camion piégé précipité sur les barrières de sécurité de cet hôtel de luxe, fréquenté par beaucoup d'étrangers, a déchiqueté des dizaines de personnes et l'incendie qui s'est propagé ensuite dans l'établissement en a certainement brûlé des dizaines d'autres. Un photographe de l'AFP arrivé immédiatement sur les lieux du carnage a vu non seulement des cadavres démembrés, des dizaines de blessés ensanglantés, mais il a aussi entendu des hurlements désespérés de gens bloqués à l'intérieur de l'établissement en flammes.

"Nous redoutons qu'il y ait encore de nombreuses personnes coincées dans le bâtiment, a dit Mohammad Ishaq, un officier de la police. Devant cet établissement huppé, un Polonais vêtu seulement d'un pantalon, sa chemise à la main, regarde pétrifié l'édifice brûler et souffle qu'il cherche les cinq ou six personnes qui l'accompagnaient.
Le chef d'un des cinq ou six restaurants du Marriott raconte aussi qu'il a cru que le bâtiment "s'écroulait lorsque les plafonds des cuisines se sont pulvérisés" sous le choc de la déflagration.

"Il y avait beaucoup de monde à la cuisine et beaucoup de convives dans les restaurants. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus", lâche-t-il, assis sur la chaussée, sa blouse couverte de sang. Au milieu des sirènes hurlantes des voitures de police, des pompiers et des ambulances évacuant les blessés, un journaliste de l'AFP a vu des gens affolés -Pakistanais et étrangers expatriés- attendant dans l'angoisse des nouvelles de leurs proches.

D'après un responsable des services de sécurité, plusieurs des victimes ont sauté des 3e et 4e étage de l'imposant bâtiment de six étages, en plein centre d'Islamabad, toujours la proie des flammes plusieurs heures après l'attentat. Devant l'énorme barrière à l'entrée de l'hôtel, un profond et large cratère laisse penser que le véhicule était bourré d'une quantité impressionnante d'explosifs.

La détonation a été si puissante qu'elle a soufflé les vitres de bâtiments à un km à la ronde. Les alentours du Marriott, dans un quartier chic d'Islamabad, étaient enveloppés d'une épaisse fumée, dans une odeur de plastique brûlé. Devant l'hôtel qui brûle, en pleine nuit, des carcasses de voitures sont retournées comme des jouets, quand elles ne sont pas empilées les unes sur les autres, écrasées comme si elles avaient été bombardées.

Mohammad Jamil, un passant, a dit avoir "vu un camion se présenter devant l'entrée principale de l'hôtel". Puis, soudainement, "lorsque les agents de sécurité couraient vers le véhicule, il a explosé et s'est transformé en boule de feu". (belga)

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