Bien qu'il n'ait plus le contrôle total de son pays, le dictateur zimbabwéen Robert Mugabe est toujours en place.
La Commission européenne a indiqué jeudi vouloir verser 10 millions d'euros supplémentaires d'aide humanitaire au Zimbabwe, une annonce intervenant après l'accord historique de partage du pouvoir entre le président Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai.
"L'objectif est de s'attaquer aux souffrances des segments les plus vulnérables de la population, affectés par des déplacements, des épidémies et la violence", a souligné la Commission dans un communiqué. Les fonds doivent aller en priorité aux domaines de la santé, de l'eau et de l'amélioration des conditions sanitaires des populations. Ils viendront compléter une enveloppe de 15 millions d'euros déjà versée par la Commission cette année au titre de l'aide alimentaire.
"J'attends que toutes les restrictions aux opérations humanitaires soient totalement levées suite à l'accord politique récent", a commenté le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Louis Michel. Pour ce qui est d'une éventuelle reprise de l'aide économique au Zimbabwe, et d'un réexamen des sanctions prises à l'encontre du régime de M. Mugabe, l'Union européenne s'est montrée jusqu'ici prudente, dans l'attente de changements concrets après la signature à Harare de l'accord de gouvernement d'union nationale.
L'UE a suspendu depuis 2002 son aide économique au Zimbabwe, à l'exception des projets de soutien direct à la population (santé, éducation, micro-projets) et de l'aide humanitaire, qui représentaient 91 millions d'euros en 2007. Environ 108 millions d'euros du 9e Fonds européen au développement (2003-2007) ont été suspendus et pourraient, si la situation changeait, être reprogrammés pour le 10e FED (2008-2013).
Etant donné le marasme économique dans lequel se trouve le pays - caractérisé par une inflation galopante à plus de 11 millions de pour cent et des pénuries chroniques - une aide économique supérieure aux sommes bloquées n'est pas non plus exclue. (belga)


