Les 27 balisent leur politique migratoire

Les ministres européens en charge de l'Immigration ont adopté jeudi à Bruxelles le 'Pacte pour l'immigration', une déclaration politique commune qui servira de cadre à l'élaboration des futures politiques européennes en matière d'immigration.
"C'est un peu une Bible qui définit ce que notre politique d'immigration doit être", résumait la ministre belge de la Migration et de l'Asile, Annemie Turtelboom, à l'issue de la réunion. Inspiré par la présidence française mais enrichi par l'ensemble des Etats membres, ce manifeste vise à la fois à mieux lutter contre l'immigration illégale, tout en encourageant l'immigration économique afin de pourvoir aux besoins d'une Europe vieillissante.
Problématique"L'objectif de ce pacte, c'est d'écarter deux écueils qui nous conduiraient à l'échec, c'est-à-dire d'un côté une
Europe bunker, et de l'autre une
Europe passoire qui ouvrirait la voie à la clandestinité, et donc l'indignité", expliquait le ministre français de l'Immigration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux.
Le texte, qui sera formellement approuvé les 15 et 16 octobre prochains par les chefs d'Etat et de gouvernements de l'UE lors de leur prochain sommet à Bruxelles, traite de l'ensemble de la problématique migratoire, légale et illégale.
Y sont notamment abordées la lutte contre l'immigration clandestine (l'UE compterait à l'heure actuelle 8 millions d'étrangers en situation irrégulière), mais aussi les questions d'intégration des immigrés, le renforcement du contrôle des frontières, les partenariats nécessaires avec les pays de transit, ou encore la nécessité d'une réelle politique d'asile commune.
Pas de régularisations collectivesLe texte écarte notamment la possibilité pour les Etats membres de procéder à des régularisations collectives, lesquelles ne pourront se faire que sur base individuelle en s'appuyant sur des critères bien définis. Grâce à ce texte, "nous ferons de l'Europe un modèle pour le monde en matière de gestion des flux migratoires", a assuré le commissaire européen en charge des Libertés, Jacques Barrot.
Première conséquence directe de l'accord: un Bureau d'appui aux Etats membres en matière de politique migratoire devrait voir le jour au printemps prochain afin d'accompagner et éclairer les décisions des Etats membres. Si les 27 ont pu se mettre d'accord sur le Pacte pour l'immigration, ils ne sont pas parvenus jeudi à accorder pleinement leurs violons sur la future 'Carte bleue', l'équivalent européen de la Carte verte américaine.
Déposé il y a un an par la Commission, ce projet vise à attirer les étrangers hautement qualifiés vers l'Europe en leur assurant à la fois un permis de séjour et de travail, assorti d'un certain niveau de salaires, ainsi que des droits sociaux et de regroupement familial. En raison d'une objection émise par la République tchèque, et une réserve de l'Allemagne, le projet législatif n'a pu être approuvé ce jeudi. Il va retourner au niveau des ambassadeurs afin de trouver un accord définitif d'ici les semaines à venir.