"Nous ne sommes pas un pays de barbares"
Le célèbre écrivain italien Claudio Magris a réclamé jeudi des excuses au président Nicolas Sarkozy qui a "insulté" l'Italie en la faisant passer pour "un pays de barbares" avec son refus d'extrader l'ex-terroriste des Brigades rouges Marina Petrella en raison de sa santé.
"Des excuses"Il a appelé le chef du gouvernement Silvio Berlusconi à réclamer ces excuses au nom des Italiens, dans une lettre ouverte publiée à la Une du Corriere della Sera sous le titre: "Nous ne sommes pas un pays de barbares". "Je n'ai pas voté pour vous, ni pour votre parti mais vous avez été élu démocratiquement pour diriger le pays et protéger le bien et l'honneur de l'Italie", écrit l'auteur de
Danube, dont le nom est régulièrement cité pour le Nobel de littérature.
"En conséquence, je vous demande d'exiger du président Sarkozy des excuses formelles pour la gifle et l'offense qu'il a infligées à l'Italie avec les motivations avancées pour refuser l'extradition de Marina Petrella, terroriste condamnée en Italie pour homicides et en cavale à l'étranger, en France", écrit-il.
L'excuse de SarkozyLa présidence française a justifié la non-extradition de l'ex-brigadiste par sa "situation de santé". Marina Petrella (54 ans) est hospitalisée à Paris dans un état mental et psychique très détérioré, selon les médecins. En appuyant son refus par une telle motivation, "le président Sarkozy a implicitement proclamé que l'Italie n'est pas un pays de droit mais un pays barbare où l'on ne respecte pas les droits humains essentiels, où l'on ne soigne pas les détenus malades, où on les torture peut être comme à Guantanamo", écrit Claudio Magris.
Insulté
"C'est une insulte à notre pays et donc à celui qui le gouverne", conclut l'écrivain, ajoutant être certain que Silvio Berlusconi "ne serait pas timide" pour demander ces excuses. Silvio Berlusconi, qui se veut proche de Nicolas Sarkozy, est resté totalement muet sur cette non-extradition, vivement critiquée par des proches des victimes des Brigades rouges.
Marina Petrella a été condamnée à perpétuité en 1992 à l'issue du procès "Moro ter", qui avait eu à examiner pratiquement tous les attentats revendiqués par les Brigades rouges à Rome entre 1977 et 1982. (afp/7sur7)