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Rencontre surprise entre Kabila et Charles Michel

Le ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel, est arrivé samedi après-midi à Kinshasa, effectuant la première visite d'un membre du gouvernement fédéral en République démocratique du Congo (RDC) depuis le début de la profonde crise que traverse depuis le mois de mai les relations entre Bruxelles et son ancienne colonie.

Il a immédiatement eu un bref entretien avec le président Joseph Kabila, dans le Boeing 727 de ce dernier, qui s'apprêtait à s'envoler pour l'Afrique du sud. M. Michel espère ainsi contribuer à la normalisation des relations belgo-congolaises, de plus en plus ouvertement souhaitée à Bruxelles.

En secret
Il est arrivé à Kinshasa vers 15h00 locales (même HB), pour cette visite qui est restée frappée du sceau du secret jusqu'au dernier moment, en raison de tractations diplomatiques avec le gouvernement congolais et politiques au sein du gouvernement Leterme.

M. Michel s'était auparavant rendu à Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est), théâtre d'affrontements entre l'armée congolaise et la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda. Ces combats ont jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes et risquent de provoquer une crise humanitaire majeure parmi les déplacés.

Normalisation?
Ni son programme ni la durée de son séjour à Kinshasa n'ont été révélés, mais M. Kabila l'a invité à rester jusque lundi, date de son retour d'Afrique du sud. M. Michel a précisé que sa visite n'était en principe destinée qu'à évoquer avec les autorités de Kinshasa la situation humanitaire à l'est.

Elle intervient toutefois alors que s'amorce timidement une normalisation des relations belgo-congolaises, plongées dans une profonde crise diplomatique depuis le mois de mai dernier. Le gouvernement congolais avait en effet décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.

Contacts
Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.

Depuis lors, M. Leterme s'est entretenu à plusieurs reprises par téléphone avec son homologue congolais, Antoine Gizenga, puis Adoplhe Muzito. Il a annoncé la semaine dernière s'être, pour la première fois en six mois, entretenu directement par téléphone avec le président Joseph Kabila. Selon lui, le gouvernement fédéral veut en finir avec "six mois de flottement" dans les relations belgo-congolaises.

Fin octobre, M. De Gucht lui-même avait assuré souhaiter lui aussi normaliser les relations entre Bruxelles et Kinshsa et appelé à un retour de la "sérénité". M. Michel a quant à lui gardé durant toute cette période des contacts fréquents avec différents responsables congolais, alors que les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, ont assisté le 30 juin dernier aux célébrations du 48e anniversaire de l'indépendance de la RDC et ont eu un entretien. (belga/CA)
08/11/08 16h00
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