Une journaliste canadienne enlevée en Afghanistan a été libérée

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Par: rédaction
9/11/08 - 13h49

Une journaliste canadienne enlevée il y a près d'un mois à Kaboul a été libérée samedi sans qu'aucune rançon n'ait été versée et elle se trouve, saine et sauve, à l'ambassade du Canada dans la capitale afghane, ont annoncé son employeur et le Premier ministre Stephen Harper.

La journaliste Mellissa Fung de la chaîne publique de télévision CBC/Radio-Canada avait été enlevée par des hommes armés à Kaboul le 12 octobre dernier, alors qu'elle venait de réaliser un reportage dans un camp de réfugiés. Mme Fung "a été libérée vers midi, heure de Toronto (21h30 heure afghane), et se trouve maintenant en sécurité à l'ambassade canadienne à Kaboul où elle subira des examens médicaux.

En bonne santé
Les premières indications sont qu'elle est en bonne santé", a annoncé la chaîne dans un communiqué. "Elle nous a appelés et elle nous a dit qu'elle avait été bien traitée", ont déclaré les parents de la jeune femme, qui habitent à Vancouver (ouest) Dans des conférences de presse séparées, le Premier ministre Harper et la direction de la chaîne de télévision ont refusé d'identifier ses ravisseurs ou de rendre publics leurs motifs ou leurs demandes, affirmant ne pas vouloir compromettre la sécurité d'autres otages en Afghanistan.

"Pour les mêmes raisons, nous ne voulons pas discuter du déroulement des négociations", a déclaré l'éditeur de CBC, John Cruickshank. M. Harper s'est dit "heureux" d'apprendre la libération de la jeune femme et a remercié les "centaines et les centaines de personnes", qui y ont contribué, notamment le président afghan Hamid Karzai.

Cet enlèvement n'était pas un "hasard", a déclaré M. Harper sans autres précisions. Il a notamment refusé de faire tout rapprochement entre son enlèvement et la présence en Afghanistan de 2.500 soldats canadiens qui combattent les talibans dans la région de Kandahar (sud). Mme Fung avait été enlevée deux jours avant les législatives canadiennes du 14 octobre dernier.

"Brigands pas talibans"
La chaîne CBC a indiqué dans un reportage que les ravisseurs de Mellissa Fung étaient vraisemblablement des brigands et non des talibans. Elle a aussi affirmé que l'interprète de Mme Fung, un journaliste afghan de confiance travaillant avec la CBC depuis plusieurs années, avait été arrêté après son enlèvement et que l'on était depuis sans nouvelles de lui.

Pas de rançon
Le Premier ministre Harper a assuré qu'"aucune rançon n'avait été versée" aux ravisseurs, ni par le gouvernement canadien, ni par la chaîne ou toute autre partie impliquée dans sa libération. M. Harper, qui a pu parler avec la journaliste, a déclaré qu'"elle semblait dans un état d'esprit remarquable" compte tenu de l'épreuve traversée. L'éditeur de CBC a précisé que "plusieurs jours" s'étaient écoulés avant que "des experts en sécurité" puissent enfin entrer en contact avec les ravisseurs "via un intermédiaire".

L'ambassade d'Afghanistan à Ottawa a indiqué dans un communiqué que ses ravisseurs faisaient partie d'"un groupe armé" et que la libération de la journaliste était le fruit "de la collaboration profonde" entre Ottawa et Kaboul.

Aucune médiatisation
M. Harper et la direction de la CBC ont également remercié les médias du monde entier qui, comme l'Agence France-Presse s'étaient abstenus de publier toute information sur cet enlèvement, à la demande expresse de la chaîne. "Pour ne pas mettre en péril la vie de Mellissa et celle des journalistes travaillant dans la région, nous avons suivi la recommandation des experts en sécurité et demandé à nos collègues des médias de ne rien publier sur son enlèvement", a précisé John Cruickshank.

"Les experts en sécurité ont concentré leurs efforts pour obtenir la libération de Mme Fung le plus rapidement possible et avec le minimum de risques", a-t-il ajouté. Mme Fung est attendue au Canada dans les prochains jours. (af/CB)

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