Opération européenne contre la piraterie au large de la Somalie

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Par: rédaction
10/11/08 - 17h36
MISE À JOUR

L'Union européenne a donné lundi le feu vert à la première opération navale de son histoire, pour lutter contre les pirates de plus en plus actifs au large de la Somalie et dans le golfe d'Aden, avec la participation envisagée d'une frégate belge en 2009.

"L'action commune a été lancée", a affirmé le ministre français de la Défense, Hervé Morin, dont le pays préside l'UE au second semestre, précisant que l'opération serait dirigée par la Grande-Bretagne. L'opération Eunavfor Atalanta, au large de la Corne de l'Afrique, devrait débuter "courant décembre" pour une durée d'un an et compter de huit à dix bâtiments, a précisé M. Morin au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion à Bruxelles avec ses 26 homologues européens.

Face à la multiplication des attaques de pirates - 81 déjà cette année selon le Bureau maritime international - près des accès à la mer Rouge cruciaux pour le commerce européen, l'UE avait déjà mis en place mi-septembre une "cellule de coordination". Deux frégates françaises et un avion de patrouille espagnol participent actuellement à ce dispositif. La composition précise de la future Eunavfor n'est elle pas encore connue, même si l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Espagne ont annoncé leur participation. Cinq ou six autres pays songeraient à y contribuer. Une frégate belge, le "Louise Marie", devrait ainsi y participer au second semestre 2009, a indiqué le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem.

Le commandant de la force navale, - le vice-amiral britannique Philip Jones -, et son quartier général de Northwood, au nord de Londres, ont eux été désignés dès octobre. La Grande-Bretagne va ainsi pour la première fois assurer le commandement et abriter l'état-major d'une opération menée au nom de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). "Un symbole", selon le ministre français. Depuis l'accord franco-britannique de Saint-Malo qui avait donné le coup d'envoi à la PESD en 1998, Londres avait paru souvent réticente à participer pleinement aux opérations militaires européennes, pour ne pas porter atteinte à la primauté essentielle à ses yeux de l'OTAN.

Atalanta bénéficiera de l'appui d'avions de patrouille maritime, a ajouté M. Morin. Selon lui, le commandement tactique devrait faire l'objet d'une rotation entre plusieurs pays, dont la Grèce et les Pays-Bas. Idéalement, Atalanta devrait être en place d'ici au 2 décembre, date de l'échéance de la résolution 1816 de l'ONU sur la piraterie. Mais cette résolution devrait être suivie d'une autre, a assuré un diplomate. La flotte européenne prendra alors le relais des trois navires italien, grec et britannique qui patrouillent dans la zone au nom de l'OTAN depuis fin octobre. Elle pourra aussi collaborer avec une frégate russe et des unités d'autres pays, comme l'Inde.

La mission sera triple, a expliqué M. Morin: escorter les cargos du Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM), qui acheminent une aide humanitaire vitale pour plus de deux millions de Somaliens, l'escorte du trafic maritime en général et le "contrôle de zone". L'envoi d'Atalanta permettra aussi une première juridique: "un cadre général" original au niveau de l'UE a été trouvé pour régler la question des personnes éventuellement appréhendées par les bateaux de la force européenne.

Un navire d'un pays de l'UE qui aura arraisonné des pirates, mais que sa législation nationale n'autoriserait pas à garder prisonniers, pourra les transférer vers le navire d'un autre pays de l'UE qui lui a le droit de les emprisonner et de les juger. Il pourra aussi les remettre à la Somalie - un Etat toutefois dépourvu de toute autorité - ou un pays voisin, pourvu que garantie soit donnée que la peine de mort ou de mauvais traitements ne seront pas appliqués aux suspects. (belga)

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