Le président russe Dmitri Medvedev.
La Douma, chambre basse du Parlement russe, a approuvé vendredi en première lecture un amendement à la Constitution qui allonge la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans, relançant ainsi les spéculations sur un retour possible de Vladimir Poutine au Kremlin.
A l'issue des débats, 388 députés ont voté pour et 58 contre un amendement de la Constitution en ce sens. Seuls, les députés du Parti communiste, l'unique parti d'opposition dans la chambre basse, ont voté contre le projet. Au début de la session parlementaire vendredi, le PC a tenté de retirer cette question de l'ordre du jour.
Mais l'initiative des communistes n'a pas été soutenue par le reste de la Douma dominée par le parti pro-Kremlin Russie Unie. "Nous ne pouvons pas voter pour ces amendements, alors que le pays est dirigé par un pouvoir autoritaire", a déclaré, avant le vote, le député communiste Viktor Ilioukhine. "Il est dangereux d'adopter de tels amendements. Il est inadmissible de laisser le destin du pays entre les mains d'une seule personne, alors qu'il n'y a aucun mécanisme contre cet absolutisme", a-t-il dit.
Le président Dmitri Medvedev avait proposé le 5 novembre d'allonger la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans et a envoyé le projet de loi à la chambre basse. La Douma examinera le projet, qui prévoit également l'allongement de la législature de la Douma de quatre à cinq ans, mercredi en deuxième et troisième (dernière) lecture. Une fois le projet approuvé par la Douma, le Conseil de la Fédération (chambre haute) a cinq jours pour se prononcer.
Les amendements seront ensuite examinés par les assemblées régionales de la Fédération de Russie, soit 83 républiques et régions russes. Pour entrer en vigueur, ils doivent être approuvés par deux tiers des membres de la Fédération. La proposition d'allonger la durée du mandat présidentiel a relancé les conjectures sur les intentions du pouvoir, notamment de Vladimir Poutine, prédécesseur de M. Medvedev au Kremlin devenu Premier ministre, qui reste la clé de voûte de l'exécutif russe. M. Poutine a approuvé mercredi ces amendements et noté qu'il était "trop tôt" pour savoir qui en bénéficierait, suggérant ainsi qu'il n'excluait rien pour lui-même. (afp)


