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Ouverture du congrès du PS à Reims

Le congrès du Parti socialiste français, destiné à définir un projet et mettre sur orbite un nouveau chef, s'est ouvert vendredi à Reims (nord-est) dans un climat d'inimitiés profondes et de conciliabules qui menacent de le transformer en fiasco.

L'actuel Premier secrétaire François Hollande a lui-même déploré le fait que les socialistes sont "toujours emportés par le démon de l'ambition personnelle". Face à l'émergence de Ségolène Royal, 55 ans, dont le projet est arrivé à la surprise générale en tête du vote des militants le 6 novembre, ses principaux concurrents se sont réunis quelques heures avant le début du congrès pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Au-delà de la désignation du successeur de M. Hollande, ex-compagnon de Mme Royal, depuis onze ans à la tête du PS, se joue la question de la présidentielle de 2012, puisque le Premier secrétaire pourrait apparaître comme le candidat naturel à ce scrutin. "J'attends que ce congrès soit utile et serein. J'attends que nous ayons la force de nous unir et que nous ayons la force de changer", a
déclaré Mme Royal à son arrivée au congrès, dans une énorme bousculade.

L'ancienne candidate à la présidentielle, qui a exprimé son "envie" de
diriger le PS et dont la candidature au poste de Premier secrétaire ne
fait guère de doute, devrait annoncer sa décision samedi matin. Mais le projet de Mme Royal, caractérisé par une ouverture au centre tout en reprenant des thématiques de gauche, n'a obtenu qu'une majorité relative de 29%, ce qui l'oblige à trouver des alliances. Le maire de Paris Bertrand Delanoë, 58 ans, a obtenu 25% des voix des militants, Martine Aubry, 58 ans, 24%, et Benoît Hamon, 41 ans, qui représente l'aile gauche du parti, 18%.

"C'est un congrès délicat puisque aucune motion (projet) n'a la
majorité", a reconnu François Hollande. Alors que Martine Aubry a rejeté jeudi l'offre de synthèse présentée par Ségolène Royal, Benoît Hamon s'était dit "près d'un accord" avec Mme Aubry. De son côté le maire de Paris Bertrand Delanoë a insisté sur les "différences" qui le séparent de Mme Royal. Le maire de Lyon, Gérard Collomb, soutien de Mme Royal, a averti qu'un "front 'Tout sauf Ségolène Royal' serait catastrophique pour le PS et serait aux yeux des Français une faute qu'ils ne nous pardonneraient pas".

Ces divisions font resurgir dans les mémoires le congrès fratricide de
Rennes (ouest), en mars 1990, qui avait débouché sur l'éclatement de la famille socialiste et dont le parti garde encore les séquelles. Les luttes entre socialistes au congrès de Reims pourraient encore détériorer l'image du PS, qui apparaît dépourvu de projet alternatif
crédible à la politique du président Nicolas Sarkozy. D'autant que ce
dernier jouit récemment d'un regain de popularité en raison de sa gestion de la crise financière. (afp)
14/11/08 20h47
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