Un récidiviste mis en examen pour le meurtre d'un couple de retraités
Un homme de 41 ans, qui avait été condamné en 1990 pour homicide volontaire, a été mis en examen vendredi pour le meurtre d'un couple d'octogénaires le 4 novembre à Viry-Châtillon (Essonne), et ce en état de récidive légale, a-t-on appris de source judiciaire.
Sauf coup de théâtre, un juge des libertés et de la détention devrait décider dans la soirée de le placer en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Le meurtrier présumé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, est également poursuivi pour le vol d'une carte bancaire appartenant aux victimes, et pour avoir incendié leur pavillon.
Interpellé mercredi à son domicile d'Athis-Mons (Essonne), il avait été condamné en 1990 par la cour d'assises de la Gironde à 15 ans de réclusion criminelle pour un meurtre à coups de couteau, a-t-on précisé de source judiciaire. Il avait été libéré en 1997 en bénéficiant des réductions de peine prévues par la loi, après avoir purgé près de 10 ans de prison, cette période incluant la durée de sa détention provisoire. Lors de sa garde à vue, il a reconnu le double meurtre, qu'il aurait perpétré sous l'emprise de l'alcool, après une dispute avec son ex-femme.
Il a expliqué qu'il s'était rendu au domicile du couple, qui, affirme-t-il, lui devait de l'argent pour des travaux de maçonnerie. Ceci pourrait expliquer l'absence de traces d'effraction au domicile des victimes. Souffrant de problèmes d'alcool, l'homme a déclaré qu'il pouvait se montrer particulièrement violent lorsqu'il avait bu, avec le risque dans ce cas perdre tout contrôle de sa personne. Une expertise psychiatrique devrait permettre de préciser son profil, lors de l'instruction.
Maçon de formation, cet homme d'origine portugaise avait du mal à se fixer professionnellement, et vivait dans un studio délabré. Une quarantaine de minutes après les faits, il avait effectué un retrait de quelques centaines d'euros avec une carte bancaire volée au couple, et avait été identifié grâce à la vidéosurveillance de la banque. La carte dont il s'était débarrassé, accompagnée du code, avait ensuite été trouvée dans un parc par un couple qui avait voulu s'en servir.
Celui-ci avait été entendu sous le régime de la garde à vue, avant d'être remis en liberté. Avertis le 4 novembre peu après 22H00 de l'incendie du pavillon, les secours ont découvert l'homme de 85 ans et son épouse de 80 ans, d'origine corse, dans leur chambre au premier étage du pavillon. Ligotés et bâillonnés, ils avaient été très violemment frappés avec un couteau, qui n'a pas été retrouvé, a-t-on expliqué de source judiciaire. Le corps du mari présentait sept traces de coups de couteau, cinq au dos et deux à la tête, dont l'un a traversé quasiment complètement la boîte crânienne. Celui de son épouse présentait deux traces de coups similaires dans le dos et avait la colonne vertébrale au moins partiellement sectionnée.
Les deux décès seraient survenus très rapidement après les coups. Dans l'incendie, qui ne s'est toutefois pas étendu à l'ensemble de l'habitation, les corps ont été en partie calcinés. Le mari se trouvait à terre, son épouse sur le lit. Très bien considéré par le voisinage, le couple était installé depuis plusieurs dizaines d'années dans un quartier résidentiel de Viry-Châtillon, une ville de 30.000 habitants de la grande banlieue au sud de Paris. L'enquête a été menée par la brigade criminelle du SRPJ de Versailles. (afp)