La maire de Lille Martine Aubry s'est portée dimanche candidate au poste de Premier secrétaire du PS, et les militants socialistes arbitreront jeudi lors d'un vote un match qui l'opposera principalement à Ségolène Royal, avec Benoît Hamon en troisième postulant.
Mme Aubry a fait cette annonce par l'intermédiaire de son entourage quelques heures avant la fin du Congrès du PS à Reims, qui se terminait dans une totale division. La réunion cruciale de la "Commission des résolutions", chargée de trouver une synthèse entre motions dans la nuit de samedi à dimanche, n'a pu que constater une absence totale d'accord entre les principaux ténors du parti.
A l'heure limite de dépôt des candidatures, dimanche matin, trois avaient donc été enregistrées auprès du bureau du Congrès: la maire de Lille, le jeune eurodéputé et la présidente de Poitou-Charentes, a indiqué l'attachée de presse de François Hollande.
Dès l'annonce de la candidature de Mme Aubry, l'entourage du maire de Paris Bertrand Delanoë, qui ne se présente pas, a regretté "la logique de blocage" ayant motivé l'attitude de la motion menée par Mme Aubry. Avec cette candidature, les partisans de Mme Aubry "prennent la responsabilité historique de livrer le Parti à Ségolène Royal, dont ils se comportent comme des alliés objectifs", a-t-on ajouté dans l'entourage du maire de la capitale.
La présidente de Poitou-Charentes, dont la motion était arrivée en tête d'un premier vote des militants le 6 novembre, avec 29%, est en effet donnée favorite pour ce nouveau scrutin de jeudi, face à Mme Aubry (env. 25%) et Benoît Hamon (env. 19%).
Bertrand Delanoë a expliqué devant la presse sa décision de ne pas se présenter en déclarant: "nous n'ajouterons pas de la division à la division", et a concédé que "le PS est sérieusement malade". "Nous ne voulons pas ajouter à la confusion. On prend acte avec une certaine tristesse", a-t-il ajouté.
David Lebon, ex président du Mouvement des jeunes socialistes, a estimé que la candidature de Mme Aubry est "la seule candidature permettant de vivre ensemble au sein du Parti socialiste". L'ancien ministre Jack Lang, lui aussi partisan de Mme Aubry, a salué le geste de Bertrand Delanoë, estimant que si il y avait eu quatre candidats, "les votes se seraient fragmentés". Mme Aubry "occupe le pôle central du PS", a-t-il assuré. (afp)
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