De Gucht critique Michel, Kabila et Nkunda
Si la situation actuelle au Congo est le fruit de la politique de Michel, cela interpelle.
Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères
Il est vrai que son langage n'est pas très diplomatique. Par contre trop de diplomatie tue la diplomatie. Il ne faut quand même pas dire Amen à tout. Il ne faut pas jouer la carpette non plus. Kabila dit une chose et fait le contraire. Nkunda tire de gros profits de la contrebande de minerais. En attendant la population crève. L'armée congolaise rançonne des gens qui n'ont déjà rien. La Monuc n'est pas en nombre et n'ose pas agir. A croire que les Michel ont des intérêts là-bas.
Michèle Huyghe, Belgique
7S7
mise à jour
Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht tire à boulets rouges, ce mardi dans
De Morgen, sur son collègue Charles Michel. Son prédécesseur et actuel commissaire européen en charge de l'aide au développement Louis Michel en prend également pour son grade, tout comme le président congolais Joseph Kabila et le chef de guerre Laurent Nkunda.
Dans une interview accordée au quotidien flamand, le ministre De Gucht juge l'approche de son collègue en charge de la coopération au développement Charles Michel "déloyale et inefficace". Le libéral flamand estime que le premier ministre Yves Leterme devrait prendre les mesures "appropriées" contre le "dissident" Michel.
Louis Michel en prend pour son gradeLouis Michel, père du ministre et actuellement commissaire européen, fait également l'objet de critiques. "Si la situation actuelle au Congo est le fruit de la politique de Michel, cela interpelle", a-t-il déclaré. "La situation n'a jamais été aussi navrante", ajoute Karel De Gucht qui exige également de Louis Michel qu'il reste sur le terrain européen.
Le ministre a par ailleurs réitéré ses critiques à l'encontre du président congolais Joseph Kabila. "Que l'on parle à Kabila ou pas n'a pas d'importance, cela ne change jamais rien", a-t-il déclaré.
M. De Gucht n'a pas exclu que le chef rebelle Laurent Nkunda ait un jour à répondre de ses actes devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crime contre l'humanité. (belga/chds)