De Gucht s'étonne des "sensibilités différentes" sur la RDC
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Le ministre des Affaires étrangères, Karel de Gucht, a admis mardi, tout en s'en étonnant, l'existence d'une sensibilité différente chez "certains politiciens francophones" de la sienne en ce qui concerne l'attitude à tenir envers la République démocratique du Congo (RDC), alors que la crise belgo-congolaise semble s'étendre au gouvernement fédéral.
"Je trouve cela assez étrange, comme si Flamands et Wallons étaient deux peuples différents, avec des différentes ethnies", a affirmé M. de Gucht en fin d'après-midi en clôturant le 4ème congrès consacré à la politique étrangère de la Belgique organisé par l'Université catholique de Louvain (UCL, francophone) et l'université de Gand (RUG, flamande).
"Je n'ai jamais observé que l'analyse des diplomates francophones et néerlandophones (sur la situation en RDC) est différente", a ajouté le chef de la diplomatie belge, en réponse à une question. M. De Gucht (Open Vld) a expliqué qu'il rencontrait "beaucoup de gens" et recevait du courrier de la part de citoyens lui donnant raison dans son attitude envers la RDC, qui consiste à dénoncer la corruption minant le pays et à défendre "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui se passe dans l'ancienne colonie belge.
Dans une interview publiée mardi par le journal
De Morgen, il avait toutefois épinglé son prédécesseur, le commissaire européen Louis Michel, et le fils de celui-ci, le ministre de la Coopération au développement, Charles Michel (tous deux MR), pour leur politique envers la RDC et son président, Joseph Kabila. M. De Gucht juge ainsi l'approche de son collègue - libéral lui aussi - de "déloyale et inefficace" et estime que le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) devrait prendre les mesures "appropriées" contre le "dissident" Michel - qui a effectué du 8 au 10 novembre une visite impromptue à Kinhasa, rencontrant à deux reprises M. Kabila.
"Quel a été le résultat de cette rencontre? Rien, nul, nada! ", avait raillé le chef de la diplomatie - après que M. Michel eut affirmé au même 'Morgen' que M. De Gucht, persona non grata en RDC, ne pouvait jouer aucun rôle dans la résolution du conflit dans l'est du pays. "C'est ce que j'appelle être déloyal et le problème d'un ministre déloyal est un problème pour le Premier ministre", ajoute M. De Gucht, se refusant à tout commentaire sur l'attitude prise par le chef du gouvernement dans cette affaire.
A Louvain-la-Neuve, il a campé sur ses positions, tout en réaffirmant son souhait de normalisation des relations entre Bruxelles et Kinshasa, en crise depuis six mois. Le gouvernement congolais avait en effet décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par M. De Gucht.
Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.(belga)