Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) est "de plus en plus inquiet" pour la sécurité des 67.000 Congolais réfugiés dans les camps de Kibati (banlieue de Goma) et qui n'ont pas encore pu être évacués comme prévu.
Transfert vers Mugunga
"Une femme âgée de 20 ans a été tuée par des tirs tôt ce (vendredi)
matin dans un camp de Kibati et de nombreuses familles ont été contraintes de quitter leurs huttes, qui ont été pillées par des hommes armés", a indiqué vendredi à Genève un porte-parole du HCR, M. William Spindler.
Le HCR avait annoncé il y a une semaine vouloir transférer les
dizaines de milliers de personnes rassemblées dans les camps de Kibati vers un nouveau camp situé dans un lieu plus sûr à 15 kilomètres de là, à Mugunga, mais n'a pas encore pu mener à bien l'opération. L'agence de l'ONU pour les réfugiés pense pouvoir réaliser ce déplacement d'ici "deux à trois jours", a indiqué M. Spindler.
"Situation tendue"
"Ren ne permet de dire que le cessez-le-feu (entre les belligérants) a
été rompu", a déclaré M. Spindler, mais des bandes armées font régner la terreur, ont indiqué les porte-parole des agences humanitaires de l'ONU présentes à Genève.
"La situation est toujours extrêmement tendue et très volatile au
Nord-Kivu. Les exactions, les pillages continuent", a déclaré la
porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, Elisabeth Byrs. Des pillards s'attaquent notamment à des centres de stockage et de distribution de l'aide alimentaire et six civils ont été tués lors des pillages de deux de ces centres, a-t-elle annoncé.
Hausse de 114%
"A Goma, vingt cas de violences sexuelles ont été rapportés au centre de santé de la ville entre le 12 et le 18 novembre", a encore indiqué la porte-parole de OCHA.
La situation de la population est encore aggravée par l'explosion des
prix des produits alimentaires qui ont augmenté de 114% depuis le début de l'année, a-t-elle relevé. (afp/chds)


