Incompréhension autour du départ des troupes africaines en Somalie

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Par: rédaction
11/12/08 - 15h15

Le Premier ministre éthiopien a semé le trouble et ravivé le spectre d'un vide sécuritaire en Somalie en assurant jeudi que le Burundi et l'Ouganda voulaient retirer leurs hommes avant le départ des troupes éthiopiennes prévu début 2009, suscitant un vif démenti de Kampala.

A la surprise générale, Meles Zenawi a affirmé, devant le parlement éthiopien que le Burundi et l'Ouganda, qui fournissent actuellement l'intégralité des 3.400 troupes de la mission de l'Union africaine (UA) en Somalie (Amisom), lui avaient fait part de leur intention de se désengager du pays avant le départ des troupes éthiopiennes. L'Ouganda et le Burundi "nous ont informé qu'ils souhaiteraient se retirer avant que nous le fassions, et nous attendons seulement que des bateaux et des avions arrivent en Somalie pour qu'ils puissent organiser leur retrait", a-t-il déclaré.

L'Ouganda, par la voie de son ministère des Affaires étrangères, a catégoriquement réfuté cette affirmation. "C'est totalement faux et c'est contraire à tout ce que nous avons dit. Notre position a toujours été que, si l'Ethiopie se retire de Somalie, nous y augmenterons notre présence", a déclaré à l'AFP le ministre adjoint ougandais des Affaires étrangères Okello Oryem. Le Premier ministre éthiopien a également assuré que l'UA lui avait fait part de sa volonté de se retirer de Somalie, pays en guerre civile depuis 1991.

Interrogé par l'AFP, un haut responsable de l'UA à Addis Abeba, a uniquement reconnu que les soldats de l'Amisom étaient "inquiets depuis l'annonce du retrait éthiopien". "Notre politique est d'essayer de renforcer l'Amisom, et de convaincre les contingents présents de rester. Nous n'avons pas encore été informés officiellement d'une volonté de retrait par les deux pays" (Ouganda et Burundi), a-t-il ajouté. L'Amisom est composée de 3.400 soldats Ougandais et Burundais sous mandat de l'UA, qui avait prévu une force de 8.000 hommes pour la Somalie. Mais les Etats membres tardent à fournir les contingents pour cette mission à haut risque.

L'armée éthiopienne, qui intervient officiellement depuis fin 2006 en Somalie voisine et a mis en déroute début 2007 les tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis six mois la majeure partie du centre et du sud du pays, dont la capitale Mogadiscio, a annoncé son retrait total du pays d'ici début 2009. Depuis la débâcle des islamistes, Mogadiscio et plusieurs régions du pays sont le théâtre d'attaques meurtrières quasi quotidiennes. Les insurgés, menés par la mouvance islamiste, mènent régulièrement des attentats sanglants visant en particulier les forces somaliennes et éthiopiennes, l'Amisom et les représentants gouvernementaux. (belga/th)

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