Les Etats-Unis menacent de reconsidérer leur approche avec la Corée du Nord

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Par: rédaction
11/12/08 - 21h20
Christopher Hill quitte la Chine après des négociations infructueuses sur le nucléaire nord-coréen. BACKGROUND

Les Etats-Unis vont devoir "repenser" leur approche diplomatique avec la Corée du Nord après l'échec d'une nouvelle session de négociations sur la dénucléarisation d'un des pays les plus hermétiques de la planète, a dit jeudi la porte-parole de la Maison Blanche.

Repenser le donnant-donnant
"Puisqu'ils ont décidé de ne pas coopérer avec nous, et que les discussions ont régressé (...) nous allons devoir repenser certains aspects du donnant-donnant, comme nous avons dit que nous le ferions", a dit Dana Perino devant la presse. Le principe du donnant-donnant observé par l'administration Bush dans les efforts de dénucléarisation de la Corée du Nord veut que chaque geste de bonne volonté de la part des Etats-Unis soit précédé d'un geste équivalent de la Corée du Nord.

Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, est apparu moins abrupt que sa collègue de la Maison Blanche. La Corée du Nord est "isolée" dans le différend qui a fait échouer les dernières négociations en date. Mais, selon lui, ce qu'ont dit les parties, c'est: "OK, ajournons la réunion, retournons dans nos capitales, réfléchissons à ça, et continuons le processus".

Processus diplomatique long et ardu
La Corée du Nord, l'un des pays de "l'axe du mal" selon George W. Bush (avec l'Irak de Saddam Hussein et l'Iran), a testé sa première bombe atomique en 2006. Les Etats-Unis, seuls d'abord, avec la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Russie à partir de 2003, essaient depuis des années d'obtenir que la Corée du Nord renonce à toutes ses activités nucléaires. Le régime communiste en a accepté le principe.

Dans un processus diplomatique relancé fin 2006, début 2007, la Corée du Nord reçoit en échange de sa dénucléarisation progressive une aide internationale vitale pour ce pays souffrant de pénuries chroniques. Le pays peut aussi espérer une normalisation de ses relations avec les Etats-Unis et la communauté internationale.

Après d'importants progrès en 2008, ce processus chaotique vient de subir un nouveau coup d'arrêt à Pékin avec l'échec de négociations sur la vérification du démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes. Cette session de pourparlers, qui a débuté lundi, devrait s'achever jeudi soir, mais le négociateur américain Christopher Hill est parti prématurément, laissant sur place son adjoint pour les dernières discussions. La vérification est essentielle aux yeux des Etats-Unis qui ne veulent pas se laisser abuser par la Corée du Nord.

La Corée, dans la tête de liste des états terroristes
M. Hill devrait rendre compte de la situation aux responsables de l'administration à son retour aux Etats-Unis, a dit la porte-parole de la Maison Blanche. "Il est trop tôt pour que je puisse dire ce qui va suivre" a dit Mme Perino. Elle a jugé improbable que les Etats-Unis reviennent sur leur décision de retirer la Corée du Nord de la liste des Etats terroristes. Ce retrait, exigence primordiale de la Corée du Nord dans l'intense marchandage auquel donne lieu sa dénucléarisation, avait été opéré en octobre après un accord avec Pyongyang sur les modalités de vérification de la dénucléarisation.

Les Etats-Unis espéraient que l'accord alors annoncé serait validé cette semaine lors de la réunion de Pékin. "L'idée, c'était de rassembler tout ça sur un morceau de papier, pour que tout le monde comprenne ce qui a été convenu au cours des discussions sur la vérification", et la Corée du Nord a refusé, a dit le porte-parole du département d'Etat. "L'une des choses auxquelles on pense" à présent parmi les mesures de rétorsion possibles, "c'est l'assistance énergétique", a dit Mme Perino.

Le rythme de l'acheminement de cette aide est l'un des outils dont se servent les Etats-Unis pour faire pression sur la Corée du Nord. Aucune date ne serait fixée pour de nouvelles discussions. Avec la dénucléarisation de la Corée du Nord, l'une des grandes affaires diplomatiques de sa présidence, M. Bush devrait ainsi laisser un chantier inachevé à Barack Obama, qui lui succède le 20 janvier. (afp/acx)

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