La RDC accepte les soldats ougandais en raison de la menace LRA

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Par: rédaction
15/12/08 - 17h57

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a indiqué lundi avoir autorisé des soldats ougandais sur son sol malgré les tensions historiques entre les deux pays en raison de "la gravité de la menace" représentée par la rébellion ougandaise de l'Armée de Libération du Seigneur (LRA) de Joseph Kony.

"Le but était tellement important qu'on s'est mis d'accord avec les Ougandais, même si on n'a pas toujours été d'accord dans le passé", a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, à l'AFP. L'Ouganda, la RDC et le Sud-Soudan ont lancé dimanche matin une opération militaire conjointe contre une base des rebelles de la LRA dans le nord-est de la RDC.

"Nos trois gouvernements ont décidé d'une frappe commune pour éradiquer ce foyer terroriste qui prend en otage nos populations et notamment les enfants", a ajouté M. Mende. "Au vu de la gravité de la menace" et uniquement "pour cette opération-là, on a accepté" le déploiement de militaires ougandais sur le sol congolais, a-t-il poursuivi. "Il a fallu un an pour admettre ça", a de son côté précisé une source gouvernementale, sous le couvert de l'anonymat.

Les relations entre Kampala et Kinshasa sont troublées depuis la dernière guerre en RDC (1998-2003), au cours de laquelle l'Ouganda avait envoyé des troupes pour combattre le régime congolais en appui à des rébellions, dont le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. Malgré tout, les deux pays s'étaient engagés il y a un an à rétablir leurs relations diplomatiques.

L'Ouganda est ravagé depuis plus de vingt ans par une des guerres civiles les plus longues et les plus brutales d'Afrique, qui a fait des dizaines de milliers de morts et près de deux millions de déplacés. Kampala avait paraphé en avril un accord de paix global, mais Joseph Kony a fait faux bond à plusieurs reprises, réclamant la levée préalable des mandats d'arrêt lancés contre lui et ses principaux lieutenants par la Cour pénale internationale (CPI). Le dernier rendez-vous manqué remonte au 29 novembre dernier.

La LRA se livre régulièrement à des raids dans les pays voisins de l'Ouganda. Depuis septembre, elle s'est livrée à de nouvelles attaques sur des villages du nord-est de la RDC, faisant près de 90.000 nouveaux déplacés selon l'ONU, tuant des habitants et enlevant des enfants pour les enrôler dans ses rangs. Le 9 décembre, Kampala avait accusé Kinshasa de ne rien faire pour pourchasser Joseph Kony.

Les rebelles de la LRA, chassés d'Ouganda en 2005, se sont installés dans les jungles du nord-est de la RDC, d'où ils peuvent facilement entrer au Sud-Soudan, une région semi-autonome du Soudan, voire en République centrafricaine. (belga/th)

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