L'ex-terroriste Battisti a tenté de reconstruire sa vie en France

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Par: rédaction
14/01/09 - 11h43

Cesare Battisti, dont la justice brésilienne vient de refuser l'extradition vers l'Italie, appartient à la centaine d'activistes de l'extrême-gauche italienne des années 1970 qui se sont reconstruit une vie en France dans les années 1990, sous la protection de François Mitterrand.

Installé en France pendant quatorze ans, de 1990 à 2004, cet ancien responsable du mouvement des "Prolétaires armés pour le communisme" (PAC), âgé aujourd'hui de 54 ans, a été condamné en 1993 par contumace en Italie à la réclusion à perpétuité pour plusieurs homicides dont il s'est toujours proclamé innocent.

Il a fui la France et s'est réfugié au Brésil en 2004 quand la justice française a décidé de mettre fin à la "jurisprudence Mitterrand" qui le protégeait jusqu'alors d'une extradition vers l'Italie. Il a été arrêté à Rio de Janeiro, avec l'aide de la police française, le 18 mars 2007.

Gardien d'immeuble à Paris
Comme Marina Petrella, l'ex-membre des Brigades rouges autorisée en octobre 2008 à rester en France pour "raisons de santé", il avait refait sa vie à Paris sous la protection de l'ancien président de la République.

François Mitterrand avait promis en 1985 de n'extrader aucun des Italiens recherchés pour des faits de terrorisme dans leur pays pourvu qu'ils renoncent à leur passé militant.

Battisti avait obtenu au début des années 90 son titre de séjour en France, où il avait entamé une carrière d'auteur de romans noirs.

Gardien d'immeuble dans le XIème arrondissement de Paris pour assurer ses fins de mois, il a publié onze titres chez l'éditeur Gallimard.

"La France était le seul pays au monde où une existence officielle était possible", avait-il expliqué à l'AFP en mars 2002 après des déclarations du ministre italien de la Justice de l'époque, qui avait accusé la France d'être un sanctuaire de terroristes.

La demande d'extradition de Battisti présentée par la justice italienne pour "exécution de peines" se fonde notamment sur deux peines de réclusion criminelle à perpétuité prononcées contre lui en 1993 pour plusieurs meurtres commis à la fin des années 1970 à Milan, notamment d'un policier, d'un gardien de prison et d'un bijoutier.

Arrêté à Paris en 2004
"J'assume cette période historique", ajoutait-il en 2002, sans vouloir détailler son implication dans ces meurtres, se bornant à évoquer une "violence quotidienne dans la rue et l'obligation pour les gens de se défendre" pendant la période appelée les "années de plomb" en Italie.

A la suite des demandes répétées d'extradition de l'Italie, il avait été arrêté à Paris en février 2004 puis placé en liberté surveillée dans l'attente de son extradition.

Un collectif de personnalités de gauche composé notamment de la romancière Fred Vargas, du philosophe Bernard-Henri Levy, de l'abbé Pierre et de l'humoriste Guy Bedos avait protesté contre son extradition.

Bertrand Delanoë et le conseil municipal de Paris avait voté en mars 2004 une motion de soutien.

Mais devant le risque devenu très sérieux que la France ne prononce son extradition, Cesare Battisti s'était soustrait le 21 août 2004 à son contrôle judiciaire pour se réfugier au Brésil. (belga)

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