Le chef des islamistes modérés élu président en Somalie

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Par: rédaction
31/01/09 - 15h40

Le chef des islamistes modérés somaliens, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a été élu samedi président de la Somalie par le Parlement réuni à Djibouti, avec pour lourde tâche sera de ramener la paix dans un pays en guerre civile depuis 1991.

L'élection a eu lieu à Djibouti, en raison des violences en Somalie. Elle est le résultat du dernier d'une longue série de processus de paix qui ont jusqu'à présent échoué à ramener la paix dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Aussitôt élu, le chef religieux a appelé à un gouvernement de large union et invité tous les groupes armés en conflit en Somalie à rejoindre le processus de paix soutenu par l'ONU. Sur les 430 parlementaires présents au vote, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, chef de l'Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), a obtenu 293 voix au second tour de scrutin contre 126 pour Maslah Mohamed Siad Barre, fils du défunt président Mohamed Siad Barre, dont le renversement a marqué le début de la guerre civile.

"Je déclare Sharif Cheikh Ahmed président de Somalie", a proclamé à la fin du décompte, vers 04h00 (01h00 GMT), le président du Parlement Aden Mohamed Nur. "Je formerai un gouvernement qui représentera le peuple de Somalie", a promis le nouveau président, ajoutant: "Je tends la main à tous les groupes armés somaliens qui sont toujours opposés à ce processus de paix".

Le nouveau président a prêté serment samedi lors d'une cérémonie à Djibouti. "Je m'occuperai de la situation humanitaire dans le pays et donnerai la priorité à ceux qui ont été déplacés par la guerre", a-t-il déclaré. Le Premier ministre sortant, Nur Hassan Hussein, présenté comme l'un des favoris du scrutin, était arrivé en troisième position au premier tour, et s'était retiré de la compétition en indiquant être "prêt à coopérer avec celui qui sera élu pour faire de la Somalie un pays pacifique".

Cheikh Sharif Cheikh Ahmed succède à la présidence à Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin décembre, et qui était hostile à toute négociation avec les islamistes. Il a été élu par un Parlement élargi ces derniers jours aux islamistes modérés et à des représentants de la société civile.

L'élection s'est déroulée dans un climat de violences persistantes, nécessitant que les parlementaires se réunissent à l'étranger. Les shebab, insurgés islamistes opposés aux institutions de transition en place depuis 2004, ont pris lundi la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement.

Dans le cadre d'un processus de paix porté par la communauté internationale entre l'opposition islamiste modérée et le gouvernement, le Parlement devait à la fois s'ouvrir aux islamistes modérés et choisir un chef de l'Etat plus consensuel que M. Yusuf. Le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould Abdallah, a salué une élection "transparente".

La Ligue arabe a elle souhaité que "ce pas important" permette d'achever "le processus de réconciliation". Le Premier ministre sortant, qui a été l'un des artisans de l'ouverture de négociations avec les islamistes modérés, voyait également dans l'élection présidentielle un moyen de "mettre fin à la guerre civile de manière pacifique".

Cheikh Sharif Cheikh Ahmed avait posé pour condition à un processus de paix avec le gouvernement le retrait de l'armée éthiopienne du pays, où elle était officiellement depuis 2006 en appui aux institutions politiques. Addis Abeba a affirmé le 25 janvier que toutes ses troupes avaient quitté le sol somalien, ouvrant à la voix à l'entrée des partisans de cheikh Sharif Cheikh Ahmed au Parlement et à son élection. (afp)

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