Le gouvernement italien a adopté vendredi en urgence un décret-loi pour empêcher l'arrêt de l'alimentation d'Eluana, la jeune femme dans le coma depuis 17 ans, dont la famille a obtenu de la justice le droit de mourir, a indiqué l'agence Ansa.
Ce document a été adopté en dépit de l'opposition du chef de l'Etat Giorgio Napolitano, contraire à une mesure de ce genre et sans la signature duquel un éventuel décret-loi ne pourrait pas entrer en vigueur. Selon Ansa, le décret-loi a été adopté "à l'unanimité, à l'issue d'une longue discussion au sein du Conseil des ministres". L'agence ne précise pas dans l'immédiat le contenu de ce décret.
Dans une lettre adressée à Silvio Berlusconi, dont des extraits ont été diffusés par l'agence Ansa, le président Napolitano explique qu'il ne trouve pas à cette affaire de "caractère urgent" justifiant l'adoption d'un décret-loi. Sans la signature du chef de l'Etat, un éventuel décret-loi ne pourrait pas entrer en vigueur.
Par ailleurs, le parquet de Trieste (nord-est), région où Eluana est actuellement prise en charge, a annoncé qu'il ne s'opposerait pas à l'application de l'arrêt de la Cour de cassation qui avait autorisé le père d'Eluana à cesser l'alimentation de sa fille. La jeune femme a été transportée mardi dernier dans une clinique d'Udine ayant accepté de cesser de l'alimenter, mais le gouvernement de droite cherche un moyen de s'interposer.
Eluana Englaro est dans un état végétatif après un accident de voiture qui l'a plongée dans le coma en janvier 1992. Son cas fait l'objet d'une intense bataille judiciaire et politique depuis plus de 10 ans.


